30 décembre 2025

MILLE DIEUX

Brûler sans flamme, regarder sans fuir


À chacun sa vie, sa rue, sa charge invisible. Mais ce qui rassure, c’est que si nous allons dans le mur, nous ne serons plus seuls à en rire. Les boomerangs de nos gestes reviennent chaque jour, lourds et imprévisibles. Chaque jour, il nous faut remplir des écluses, ouvrir les sas, fermer des vannes qui ne font plus rire, 

L'actualité est traversée par bus et camions fous ; chevaliers et fusils s’affrontent sur des places imaginaires. L’histoire se répète, les promesses se consument, les révoltes s’étouffent. Dieu, s’il existe, paraît un escroc, et le diable, qui est -il? lui aussi...,

Les Grecs racontaient qu’un dieu, un jour d’ennui, soulevait le ciel comme on entrouvre un couvercle, juste pour voir si les humains respiraient encore. Une étoile filante était son œil distrait. À cette époque, on levait la tête, on murmurait un vœu, on croyait aux cieux. Aujourd’hui, l’amour est en plâtre, les révoltes recyclées en slogans biodégradables. Tout est propre. Tout est lisse. La Terre tangue, chargée de promesses creuses et de silences emballés. Une planète fatiguée, fin de décor. Et Dieu, lui y croit encore ?,

Les dieux, s’ils traînent quelque part, doivent se marrer doucement. On ne leur parle plus ; eux sont-ils escrocs ou idiots ? ,

C’est là que réside l’art de brûler sans flamme : trouver la beauté là où elle n’a pas sa place, dans le caniveau, entre deux mégots, sous la lumière crue des néons qui saignent sur l’asphalte. Comme une star sans sourire, assise sur un tabouret rouillé, cigarette au bout des doigts, bière au pied, le regard rivé sur l’incendie du monde. Pas de geste grandiloquent, pas de hurlement. Juste cette élégance silencieuse, cette déflagration qui creuse des cratères dans les mémoires,,, 

Alors, respirer. Observer. S’émerveiller malgré tout. Tenir debout dans ce monde fragile. Chercher la lumière dans l’ombre, la beauté dans le chaos, et continuer à avancer, même si tout semble tanguer, même si rien n’est certain. Brûler sans flamme. Regarder sans fuir.


Brûler sans flamme signifie ressentir l’intensité du feu sans souffrance,

Regarder sans fuir exige de soutenir la douleur dans son regard du monde, 

Les rues s’étendent comme des cordes tendues et chaque pas résonne dans le vide des certitudes. Les bruits de la ville se répercutent et transforment les gestes humains en énigmes silencieuses. Chaque regard posé sur le monde devient une interrogation sur notre place et notre responsabilité. Le silence pèse plus que le cri et la lumière aveugle autant qu’elle révèle. La certitude se dissout, laissant dans le vertige ceux qui observent,

Chaque détail devient un symbole : une feuille qui tombe, un souffle suspendu, un geste imperceptible qui pourrait modifier le cours des choses. Tout est fragile,  tout est vivant, et avancer, marcher dans le doute devient solutions

Brûler sans flamme et regarder sans fuir suppose que l’on reconnaisse le mystère du monde. La beauté naît de la tension entre l’inconnu et le connu, et le courage véritable consiste à contempler cette contradiction sans chercher à la dissoudre,,!,,



Depuis l’incendie…de Crans Montana, quelque chose s’est arrêté. un premier de janvier, pas seulement les images, pas seulement le temps. Les regards. Des regards jeunes. Fixés. suspendus dans un instant qui n’a pas eu le courage de devenir demain.
On cherche des mots. Ils arrivent trop tard. Ou trop forts. Alors on parle doucement.
On se demande où va le sens quand la vie s’interrompt sans prévenir. Sans raison audible.
On prononce parfois le mot Dieu. À voix basse. Par réflexe. Ou pour ne pas rester seuls
face à ce vide qui ne répond pas. Mais ceux qui attendent n’attendent pas des explications.
Ils attendent. Un nom. Une certitude. Ou simplement que l’attente cesse.
Il n’y a rien à réparer. Rien à expliquer. Seulement être là.
Ne pas détourner le regard. Ne pas réduire ces vies à un événement.
Se souvenir qu’elles ont existé. Qu’elles comptent encore.
Ce texte n’apporte pas de réponse. Il ne promet rien. Il tient juste sa place. Comme une main posée sans insister. Comme un souffle qui passe,

Pour les familles. Pour ceux qui attendent encore.





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