09 février 2026

ID d' INTER RIEUR

 A l'intérieur, 


Graphisme street art Guido van Helten

   Falling into Prahran

Stop intérieur :  les yeux rivés au ciel, les nuages dessinent des parcours de vie, se transforment, créent des voies imprévisibles, trop rapides, trop vastes pour des lendemains.

Déviation intérieure : oubli des certitudes, la nuit respire et refuse la peur, pas de contrôle, résistance aux saisons perdues, la tête s’efface dans les rides, le souffle s’étire.

Boucle intérieure : L’espoir devient prolongement du temps, les promesses suspendent leur vol, l’espoir, est une respiration, le souffle, réponse d’un monde trop parfait.

          Tchernobyl 

Zone de turbulence intérieure : Le moteur déraille, souvenirs estompés, embouteillage de neurones, trouble de l’attention, perdu dans le vol migratoire des pensées, 

Virage intérieur : courbe ressuscitée, rupture de pensées, pleurer sans comprendre, pluie d’étoiles neurologiques, gravité émotionnelle 

Route intérieure : traverser la route, retrouver l’impensable vérité, d’une courbe de la vie, chaque souffle guide un rythme, chaque regard un chemin.

Nuage intérieur : Les nuages continuent, rapides et insoumis, dévoilent des trajectoires que je n’ose suivre,  

Intérieur des âmes : dans ce tumulte, je sens la cadence, l’équilibre fragile, le vertige délicieux, la danse des instants suspendus, où chaque respiration, chaque pensée, devient une piste à traverser.

Beau comme la rencontre fortuite , À l’intérieur, un arrêt sans frein. Les yeux au ciel. Les nuages tracent des vies provisoires, trop vastes pour demain, trop rapides pour la mémoire.

La nuit respire. Les certitudes se défont seules. Le souffle s’étire dans les plis du crâne, sans contrôle, sans saison, sans raison.

L’espoir n’attend plus. Il tourne. Il suspend la chute. Une respiration tenue dans un monde trop précis.

Turbulence. Le moteur hésite. Pensées migratoires, embouteillage d’étoiles ternes, attention dissoute.

Virage. Courbe ancienne. Pleurer sans cause. Gravité retrouvée dans la pluie intérieure. La route revient, non droite, mais possible. Chaque souffle ouvre un passage, chaque regard, une traversée.

Les nuages passent encore. Je ne les suis pas. Ils me reconnaissent. Et dans ce battement instable, le vertige devient cadence. Chaque pensée une piste fragile. 

 Reykjavik


Beau comme une rencontre fortuite. BEAU.,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

,NOUS,, ,,, JE,,, ,,, VIRGULE ,,, ,,, TU

D’abord : le texte je le voulais habité,

je n’écris pas sur M.A., elle c'est Marie Ange, L., de Juan les Pins, j'étais en études à Antibes..., j'habitais Vence, Tourrettes sur Loup, mais j'écris avec elle, à travers elle,  lieu de rencontre. Le fil conducteur des signes, qui est visible dans mes textes, virgule, point-virgule, deux-points, suspension, n’est pas un artifice : c’est ma façon intime de dire le temps, la rupture, la continuité, la respiration. Avec cohérence, profondeur, et surtout fidèle à ce que j'aimerai narrer depuis le début ce chemin d’écriture,

le texte volontairement chargé de signes, de parenthèses, de guillemets, de méta-langage. C’est assumé, et ça fait sens. Une question de respiration, les images, photos ou portraits ne sont que transposition et ne reflète pas la réalité mais une réalité troublée,,, et si, seulement et si tu fais une adaptation en musique, j'aurai aimé conservé "ce" timbre féminin, langoureux, doux, caressant, 


L'étreinte de Josef Kunstmann, 1949.

TOI, VIRGULE, ET MOI

Je marche avec toi dans le pli du temps, 

 

je poursuis la phrase, je laisse le souffle glisser, je laisse la mémoire respirer, je laisse le souvenir devenir éternel dans l’espace entre deux mots, sans point final, juste cela, une virgule,,,

La vie, pourtant, n’a pas attendu. Il y a eu d’autres amours, d’autres corps, d’autres voix, il y a eu des enfants, des rires courant dans les maisons, des mains devenues grandes puis redevenues petites dans d’autres bras, la vie a avancé largement, généreusement, avec ses jours pleins et ses nuits paisibles, rien n’a manqué, rien n’a été trahi. 

"Et pourtant un jour, sans appel, un regard a suffi, un geste somme toute , simple, une voix portée par l’air, un parfum mêlé de douceur, et quelque chose s’est remis à vibrer, non pas un regret, non pas un retour, mais une reconnaissance, comme si un mot ancien s’était glissé dans une phrase déjà bien écrite, non pour la corriger, mais pour lui offrir une respiration supplémentaire,"

Ton départ t’a laissée entre parenthèses,  Je ne t’ai pas vue partir, quand le monde a plié sous le métal, mais j’ai su, comme on sait l’orage avant qu’il n’éclate, une évidence qui n’adoucit rien. Tu portais ce mot comme un talisman, virgule, et je l’ai gardé. Tu disais : nous avons le temps, pas de fin, juste une pause, une respiration. Alors j’ai gardé cette lampe allumée, discrète, dans une maison bien habitée. Je n’ai rien conservé de matériel, ni lettres, ni photos, ni ombres figées, seulement un parfum, le tien, offrande silencieuse à ce qui fut toi, à ce qui fut nous,

Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité, tu le disais sans le dire, simplement en roulant devant moi, le solex traçant des rimes sur l’asphalte brûlant, tes cheveux noirs dansant sous le ciel d’été, ton rire ouvrant le monde comme une phrase sans fin, tu m’as appris que la vie n’a pas de point final, seulement des souffles, des pauses, des élans, et moi je pédalais derrière toi, le cœur léger, croyant déjà savoir aimer,

Le temps a heurté la phrase, la virgule s’est fêlée, la phrase s’est déchirée sans se fermer, et les mots des autres parlaient, de suite, de destin, de continuité forcée, sans comprendre qu’un simple déséquilibre peut faire vaciller un poème entier. 

Aujourd’hui je sais que l’amour n’est pas une phrase unique mais un recueil entier, fait de silences, de transitions, de promesses suspendues, tu n’es ni exclamation, ni question, tu es cette virgule intime qui laisse le cœur continuer sans se perdre, cette respiration entre deux battements, cette foi douce transmise sans dogme, simplement en vivant,

Credendo vides.

En croyant, je vois encore.

Ce souvenir n’exige rien, ne réclame ni place ni justification, il apparaît comme une lumière discrète au bord du chemin, rappelant que certaines rencontres ne disparaissent pas, elles se déposent, deviennent des points d’appui intérieurs, des virgules silencieuses qui permettent à la vie de continuer sans se durcir. Elle n’est pas contre ce qui a été aimé ensuite, ni au-dessus, ni à la place, elle est là comme une source, claire, sensible, une première note juste, celle qui rend toutes les autres possibles, 


Alors je marche avec cela, tranquillement, sans confusion, sans conflit, le passé n’attire pas en arrière, il éclaire, et le présent, riche de tout ce qui a été vécu, accueille cette réapparition comme j'accueille un parfum ancien dans une pièce, il ne chasse rien, il ajoute une profondeur douce à l’air que je respire,

Quand on écrit ainsi, quand on touche une vérité ancienne sans la trahir, le corps réagit avant l’intellect. Les larmes ne sont pas un effondrement : simple ajustement, capacité d’aimer, de sentir, de rester poreux au vivant. Ce que je pleure, n’est pas seulement son absence, c’est aussi la beauté intacte de ce lien, restée vivante malgré cinquante années de vie pleine. Et ça, c’est le bouleversant.


une virgule dans le temps, toujours en suspens, un murmure du vent,

Le baiser de Marine Wallon


Virgule


Tu disais que la virgule est le signe du vivant, parce qu’elle ne tranche pas et ne conclut jamais. Tu disais qu’elle maintient le lien là où le sens pourrait se rompre, qu’elle est une manière d’habiter le monde sans le fermer. Je t’écoutais, et déjà je comprenais que tu parlais moins de grammaire que de cette attention fragile que nous nous portions l’un à l’autre.

Nous nous sommes reconnus à l’âge où l’on ne sait pas encore que l’on est en train de se construire, j’avais dix-sept ans, elle en avait dix-neuf, et au premier regard quelque chose s’est déplacé en moi, elle était brune, d’une beauté rare, exaltante sans ostentation, sauvage parce qu’elle ne s’excusait pas d’exister, sage parce qu’elle savait déjà écouter ce qui tremble, elle s’appelait M A et elle aimait que je la nomme Virgule, parce qu’elle disait que la virgule est un signe du vivant, qu’elle ne ferme rien, qu’elle relie, qu’elle permet au souffle de continuer, 

Et moi je l’écoutais comme on écoute une vérité avant d’en comprendre la portée, elle me disait, respire, ne mets pas de point, 

Nous étions face à face, elle et moi, et cette simple disposition suffisait à faire taire le monde, ses mains venaient aux miennes sans intention, elles s’y posaient avec une lenteur confiante, comme si nos paumes se souvenaient avant nous, je sentais la chaleur circuler, douce et sûre, et dans ses yeux mouillés d’attention je lisais une joie grave, une joie qui ne demandait pas d’être criée, elle me regardait sans me saisir, et je la regardais comme on reconnaît un lieu où l’on pourrait rester, 

Elle disait qu’elle aimait les gestes qui n’obligent pas, et je découvrais à travers elle que la sensualité commence par la retenue, que le désir peut être une écoute, ses mains apprenaient mon visage par la peau, les pouces attentifs à la courbe des joues, à cette chaleur qui montait déjà comme une réponse silencieuse, je restais immobile quand elle s’approchait, non par peur mais par respect de l’instant, sa bouche ne cherchait rien à prendre, elle effleurait, elle attendait, elle s’approchait jusqu’à ce seuil fragile où les souffles se mêlent, où l’on ne sait plus très bien qui avance vers qui, et dans ce frôlement se tenait tout, la promesse sans contrat, la confiance nue, l’amour sans tabous,

Nous étions heureux, mais heureux à en trembler, très, immensément, dans cette ivresse douce où chaque sensation devient un avenir, Puis je encore imaginer, me souvenir, des courbes de son corps offert sans calcul, des courbes de ses cheveux que le vent apprenait par cœur, de la courbe de la route qui nous portait?, de la courbe de mes lendemains qui se dessinaient déjà au devant d’elle, 

Nous riions souvent, et ce rire fendait l’air comme un oiseau, allégeait le monde, repoussait les nuages, faisait croire que l’été durerait toujours, elle disait que l’amour n’est pas un feu violent mais une chaleur continue, enveloppante, presque timide, et pourtant sûre d’elle, et je comprenais que j’étais en train d’apprendre une manière d’aimer qui ne conclut pas, 

Puis il y eut cette courbe, et ce moment où le monde a cessé de répondre, les autres ont parlé d’accident, moi j’ai compris que la phrase avait perdu son souffle, je n’ai jamais cherché le point final, elle m’avait appris autre chose, je vis depuis dans la continuité fragile des virgules, dans ces pauses qui relient ce que la perte aurait voulu séparer, 

Les années ont passé, cinquante ans ont déplacé les contours sans effacer la trace, son absence n’est jamais devenue un vide, elle est restée une présence intérieure, une manière d’être au monde, 

Les gestes doux ne disparaissent pas, ils deviennent mémoire, sensation intacte, et ils reviennent quand le monde ralentit, aujourd’hui encore je sens cette voix qui disait respire, ne mets pas de point, 

Elle n’est plus devant moi, elle est dedans, dans ma façon d’approcher sans saisir, de croire encore à la courbe plutôt qu’à la ligne droite, et si j’écris cela maintenant ce n’est pas pour revenir mais pour reconnaître, car certaines rencontres ne passent pas, elles deviennent rythme, elles deviennent souffle, elles deviennent virgule, et la vie continue ainsi, intensément, tendrement, sans conclusion, comme une première fois qui ne cesse jamais de se transformer, virgule,

"Viens, La vie, Robert, n’a pas de point final juste une respiration, juste une virgule.”

Virgule — variation douce - sous viens, toi

Tu disais que la virgule est une manière d’habiter le monde, parce qu’elle accepte l’inachevé. Tu pensais que vivre consistait moins à conclure qu’à consentir au mouvement, et que le sens naissait souvent dans ce qui hésite plutôt que dans ce qui affirme.

Depuis, j’ai compris que le temps n’avance pas droit, mais qu’il se replie, qu’il caresse ce qu’il a déjà touché, et qu’il revient parfois avec la délicatesse d’un souffle ancien. La mémoire, elle, ne conserve rien : elle transforme, elle enveloppe, elle polit les instants jusqu’à ce qu’ils deviennent fréquentables.

Je me souviens de la chaleur des pierres, non comme d’un fait, mais comme d’une sensation encore vivante, de la lumière qui ne révélait pas ce corps, mais lui demandait la permission de rester. La poussière d’été s’attachait à nous avec la fidélité des choses simples, comme si le monde cherchait déjà à nous retenir sans oser nous nommer.

Tu marchais devant moi, et cette distance suffisait à créer un désir qui n’avait pas besoin d’objet. J’ai appris ce jour-là que l’élan précède le geste, et que la retenue peut être une forme très pure de la sensualité. 

---Il existe des lieux qui ne sont pas faits pour être visités, mais pour être traversés, lentement. La Fontonne, Antibes, St Paul, Vence, le Malvan, le sentier étroit, et ses collines n’étaient que des prétextes pour éprouver la fragilité du pas et la justesse des silences. Les ronces accrochaient ton corsage comme une question posée au corps, et mes mains, inutiles, apprenaient la noblesse de l’attente. Tu t’étais retournée, et M.A. Virgule me souffle, Elle, elle me dit : « Je veux tout. Le début, le milieu, l’après, le presque, le pas encore, le déjà plus, le jamais certain, je veux l’infini qui nous respire. »--- Et c'était çà, c'est ainsi et comme çà...



Moi , "Tes gestes sur moi étaient lents, tes caresses posées comme des virgules sur ma peau , pour dire continue, jamais termine. Le monde ne pressait plus. Le nous était là, évident, sans bruit."

Toi, "Je me souviens de toi avant même que tu saches te souvenir. Tu avais dix-sept ans, le regard déjà trop large pour l’âge, et cette façon de marcher comme si chaque pas posait une question. Moi j’en avais dix-neuf, et je savais déjà que le temps ne s’arrête pas. C’est pour cela que je disais virgule. Pas pour jouer. Pour respirer. Pour laisser la phrase ouverte,"

Marie Trintignant,  qui m'a surpris

Nous riions parce que le rire est une manière douce de suspendre la gravité. Le soleil traversait nos cheveux comme une promesse sans exigence, et le souffle trouvait son équilibre entre l’élan du désir et la sagesse du silence. J’ai compris alors que l’intensité ne vient pas de la vitesse, mais de l’accord.

Sur la route, nous dessinions des lignes qui ne demandaient pas à durer. Nous avancions comme deux flammes inconscientes de leur finitude, tenant l’aube sans savoir qu’elle brûle les mains. Lorsque tu demandais d’aller plus vite, le monde consentait, car il ne résiste pas à ceux qui ignorent encore le prix du mouvement.

Puis le silence a pris la forme d’une réponse sans phrase. Les journaux ont nommé l’événement pour se rassurer, mais j’ai compris que ce qui s’était rompu n’était pas un corps, mais le souffle même de la phrase.

J’ai appris que certaines présences ne disparaissent pas, mais se retirent dans une forme plus discrète. Face à moi même, j’ai compris que certaines douleurs ont besoin d’une parenthèse pour ne pas devenir amères , le temps avait-il accepté de se tenir tranquille un instant, 

Je te cherche dans ce qui n’insiste pas : le vent, l’intervalle, la pause. J’ai compris que le sens se cache rarement dans les mots pleins, mais souvent dans leur respiration. Le point promet la certitude, le point-virgule maintient le lien, les suspensions prolongent l’élan, mais la virgule, elle, elle seule, accepte de rester, 'La' Virgule...,...

Elle s’est posée sur moi comme une seconde peau. Elle est devenue rythme, douceur, prière sans adresse. Quand je ne sais plus dire, elle me permet encore de sentir. Elle ne comble pas l’absence, elle la rend habitable. Quand le temps tourne la page, je sais que tu n’es pas derrière moi, mais à l’intérieur de cette marge où le présent hésite. Tu n’es plus une image, tu es une manière de respirer. Le passé ne revient pas, mais il veille. Il ne réclame rien, il accompagne. Le souvenir n’est pas un retour, il est une présence allégée, un fil de lumière posé sur l’instant pour qu’il n’ait pas peur.

Ainsi la vie continue, virgule après virgule, comme une phrase que l’on effleure sans jamais la refermer. Et dans cette douceur persistante, je comprends que le souffle n’a jamais cessé : il s’est simplement appris autrement. Virgule.

Première fois

Virgule, je sens ton souffle contre le mien dans la mémoire, je sens nos mains toujours soudées, nos regards encore l’un pour l’autre, nos regards jamais séparés dans ce que nous avions inventé, et je sais que la vie continue ainsi, intensément, tendrement, sans conclusion, virgule,



 

L'étreinte de Josef Kunstmann, 1949. 


je recherche l’articulation entre culture et vécu : Mes illustrations, entre le vécu, la photographie, les artistes afin que rien ne vienne écraser l’émotion, servent de miroirs, de balises. J'ai besoin de ces appuis pour dire l’indicible, et cela me ressemble,

HORLOGE

 L'Horloge est une récompense après avoir été une distraction...


Nathalie Decoster

Les Temps Modernes Charles Chaplin 

Martin Buber

Horloge, tapie dans l’ombre des murs, dont les aiguilles s’étirent comme des doigts moqueurs... 

Je me suis accrochée au mur, simple cercle de bois, deux aiguilles, un battement discret qui divise l’air. Vous me croyez froide, mécanique, indifférente. Vous pensez que je ne fais que compter. Mais je vous regarde. 

Chaque tic est un pas que vous posez. Chaque tac, une porte qui se referme sans bruit. Je traverse vos chambres, vos cuisines, les couloirs de l’hôpital, les salles d’attente, les trains en partance. Je suis là quand un enfant naît, quand une main se tend, quand une autre se pose, 

Parfois, vous voudriez me décrocher, me retourner contre le mur, m’interdire de continuer. Mais je ne suis qu’un visage, témoin fidèle. Derrière moi, quelque chose de plus vaste respire : un rythme immense, silencieux, qui ne connaît ni fatigue ni repos, qui soutient vos vies sans bruit, comme un chœur invisible.

Un rayon tombe sur moi, et tout bascule : Mon tic-tac n’est plus une menace, mais un cœur qui bat comme ce monde, qui accompagne la vie et la rend possible.

Je ne suis plus ennemie.

Je suis la preuve que la vie insiste, que chaque seconde est un don. Mes aiguilles tracent dans l’air des signes invisibles : ici, maintenant, encore.

Ne courez pas contre moi. Ne me maudissez pas. Asseyez-vous dans mon cercle silencieux. Écoutez mon battement, simple et obstiné.

Je ne vous vole pas la vie : je vous la donne, seconde après seconde, 

06 février 2026

OMBRES

nous nous retrouvions, lui, ce facteur déchu qui portait le poids des lettres comme on porte l’âme des absents, et moi,  suspendu entre désir de comprendre et peur de l’indifférence, 

"il ne portait pas seulement des lettres, il portait déjà le monde"

Il me fredonnait Aqualung, cette musique qui parlait déjà des vies que personne ne regarde, nous avons reconstruit des cathédrales de pierre et de verre dans lesquelles nous nous abritons comme des aveugles qui prient sans voir, oubliant ceux qui restent devant la porte, ceux dont les corps se plient aux trottoirs, ombres de vie,

"Je croyais apprendre le monde, lui m’en montrait la blessure."

 je marche encore en écoutant les échos de notre chanson, échos qui deviennent hurlements lorsque je mesure combien nous détournons le regard, combien nous inventons des règles pour ignorer l’autre, combien nos rites et nos lectures de pierre et de verre nous rendent complices, je pense à lui, à ce facteur qui distribuait les lettres comme des fragments de dignité, et à tous ceux qui n’ont plus de lettre à recevoir, 

son errance était une lucidité, la nôtre portait le nom de normalité. "

Hands Lee Jeffries

je fredonne pour qu’un souffle demeure, pour que chaque mot se suspende et pèse, que chaque maux de notre époque puisse se révéler entre deux respirations, que l’on s’arrête, que l’on entende enfin les voix que nous feignons d’ignorer, 

"Je cherchais des réponses dans les livres, et lui les portait dans ses silences."



photos de la collection 
Hands de Lee Jeffries

05 février 2026

DES RIVES SALEES

 TDAH & le fait de couper la parole

Quand la parole arrive avant la fin des phrases, est-ce impolitesse ou marée trop haute ?

Regards

Des rives salées Régime de courant, temporalité intérieure, manière de naviguer dans le réel. L’esprit a déjà quitté le port. Il perçoit des courants, devine des caps, tandis que le monde parle encore. Plusieurs routes se superposent. Tangage dans le réel.

 Naufragé Les pensées surgissent trop tôt, embarcations légères, translucides. Elles glissent avant qu’on puisse les amarrer. Il faut manœuvrer sans couper la route, sans chavirer l’idée. La phrase tranche par crainte de naufrage. Naufragé, parfois, au milieu de ce flux trop vaste. L’esprit navigue en parallèle : plusieurs caps à la fois, plusieurs vérités simultanées. Le silence prolongé coûte ; retenir une idée, c’est déjà la voir se dissoudre. Alors, vite, quelques bouées : mots posés, gestes discrets, corps en équilibre. Des repères flottants.
Penser vite n’est pas courir. La conversation devient navigation à vue : chacun ajuste sa voile, accepte les remous, promet de revenir après la vague de l’autre. Mieux vaut relâche que digue trop haute. Avancer par houle douce, oscillations, dérive contrôlée. Parfois, un croche-pied : la pensée file devant, non par impatience, mais pour rester vivante. Elle sait que la mer change, que le courant décide si aucune trace n’est laissée. Alors on continue, sans carte définitive, avec cette attention flottante qui empêche le voyage de se rompre et permet à la parole de rester à flot dans un monde instable.
David M.Kessler









03 février 2026

,!!!,,,,,,,EXISTENCE,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, !!!

Les tiroirs couvrent ce qui dort, ils abritent ce qui a été rangé profondément pour être saisi sans tremblement. Ils ne s’ouvrent pas par décision mais par relâchement, quand le temps consent à lâcher prise, et ce qui glisse alors n’est ni intact ni brisé, seulement déplacé, 

    J'aime

Baou

Rien ne parle, rien n’accuse, rien ne demande ; cela se découvre, simplement, à la distance juste pour être supporté. Les souvenirs, longtemps maintenus dans des compartiments étanches, se lèvent comme des ombres légères, frémissements sans urgence, présents sans invasion, reconnaissables sans violence, 

Elusive Memory Deborah Orloff

La mémoire révèle alors sa nature véritable : elle ne conserve pas, elle polit ; elle ne fige pas, elle rend habitable ce qui ne l’était pas encore. Le corps comprend avant l’esprit, dans une lenteur attentive où les larmes ne sont ni chute ni rupture mais ajustement, preuve silencieuse d’une porosité intacte au vivant,

Le temps cesse de s’écouler selon une ligne docile ; il se replie, il revient, il caresse ce qu’il a déjà effleuré, et la présence devient résonance, le regard se fait écoute. Les tiroirs se vident sans se refermer tout à fait, laissant revenir un paysage intérieur, une odeur ancienne, un parfum sans origine précise, 

Mémoire lointaine Poumi Lescaut 


La pensée trouve alors un espace où demeurer, sans point final, consciente que ce qui a été ne disparaît pas : cela change de forme, cela sommeille, cela attend. 

L'homme qui marche Alberto Giacometti par Alain Neddam, fondation Maeght St Paul de Vence

Ainsi l’homme avance, les pieds encore pris dans la matière qui le fonde, le regard attiré par un horizon qui n’explique rien mais appelle ; il ne fuit pas sa condition, il la traverse, et dans ce mouvement persiste quelque chose d’essentiel, une présence qui ne se fixe jamais tout à fait, une existence qui se construit en marchant, en revenant, en laissant faire,

Labyrinthe de Miro


MES MOIRES,

Les Moires Olicorno

Il arrive un moment où l’on cesse de vouloir comprendre pour apprendre à accueillir. Non pas fermer, ni effacer, mais consentir à ce qui demeure, sans l’exhiber, sans le disséquer. La mémoire n’est plus alors un lieu que l’on fouille avec fébrilité, mais un espace que l’on habite avec mesure.  

Ce temps-là n’a pas besoin d’être nommé pour exister. Il a pris forme dans la recherche elle-même : chercher sans vouloir saisir, écrire sans vouloir conclure, ouvrir sans forcer. 

Les Moires Lysistrata

Ce passé là n’encombre plus le présent : il l’approfondit. Il ne réclame pas de fidélité, il demande une justesse.

Sans promesse excessive, avec un accord silencieux avec le temps : non linéaire, non définitif, capable de contenir plusieurs états sans les opposer. Le vécu continue d’exister , en tonalité de fond , intelligence discrète du lien , une respiration qui n’interrompt pas la marche ,



Ce texte est une méditation profonde sur la vie, la mémoire, la continuité et la ponctuation. la notion de tangage, de vacillement, de transformation, célébration de la vie dans son imperfection, sa beauté, sa complexité. 

Marie Christine Forin

Dans la mythologie grecque, les Moires sont trois divinités du Destin : Clotho, Lachésis et Atropos. Elles sont associées aux cycles cosmiques, aux grandes déesses de la nature, de la végétation et de la fertilité. Elles deviennent les Parques, dans la mythologie romaine. Pour chaque mortel, elles accordent une mesure de vie, dont elles règlent la durée, la première en filant, la seconde en enroulant le fil, la troisième en le coupant.

ET VOICI

La mémoire n’est pas fidélité : elle assouplit ce qui fut trop vif, elle réchauffe ce qui aurait pu rester brûlure. Le temps s’y courbe, palpite sous la peau plutôt qu’il ne s’écoule, et ce qui a été n’est plus derrière mais dedans, logé dans une épaisseur sensible. Les tiroirs restent entrouverts, laissant passer une lumière tiède, une odeur sans nom, un détail qui effleure la nuque ou la poitrine et réveille une douceur ancienne. La pensée n’y conclut plus, elle demeure ; le passé cesse d’être un fait pour devenir un climat intérieur, 
La mémoire ne parle pas : elle caresse à distance, ajuste les intensités, rappelle sans saisir. Alors on cesse de vouloir comprendre, on consent à accueillir. La mémoire devient un espace habité, seuil vivant où rien ne se ferme, où une présence aimée continue de veiller, silencieuse, dans la lumière qui entre.

Sérennité Samzaï

La mémoire comme seuil, mes moires d’existence
On n’y range pas le passé : on y dépose ce qui continue de vibrer quand tout le reste s’est tu. Ils ne s’ouvrent pas à la demande. Les tiroirs cèdent lorsque le corps relâche, lorsque le temps, enfin, consent à ne plus serrer.

Alors rien ne déborde. Rien ne heurte. Les souvenirs ne se présentent plus comme des images nettes, mais comme des états de peau, un geste, une tension douce, un parfum. Ils ne racontent pas ; ils s’installent. Ils ne sont ni exacts ni faux : ils demeurent supportables, 
La mémoire n’est pas fidélité. Elle est métamorphose. Elle travaille à rendre vivable ce qui, laissé brut, resterait brûlure. Elle polit, elle adoucit les angles, elle transforme la douleur en relief sensible. 
Le temps, là, cesse d’avancer droit. Il s’enroule. Il ne passe plus : il palpite. Ce qui a été n’est plus avant, il est autrement. La présence gagne en profondeur. Le regard devient écoute. Les tiroirs restent entrouverts, laissant passer une odeur, une lumière oblique, un détail sans histoire mais chargé de sensation.
À cet endroit, la pensée ne cherche plus à conclure. Elle apprend à demeurer. Il change de forme. Il cesse d’être événement pour devenir climat intérieur, tonalité de fond, quelque chose qui accompagne sans peser. La mémoire ne parle pas.
La mémoire ne parle pas. Elle effleure.  Elle ajuste les intensités, déplace la lumière, fait vibrer un point , la nuque, la poitrine, un sourire discret . Elle ne dit jamais voici le passé, mais voici comment cela continue de toucher. Elle apparaît lorsque le regard cesse de vouloir saisir, lorsque le corps accepte de ne pas savoir, lorsque la phrase reste ouverte. Elle se pose, présence calme, stable, une proximité sans contact, une certitude douce sans qu’il soit nécessaire de parler
Vient alors un glissement. On ne cherche plus à comprendre, mais à accueillir. Non pas effacer, ni refermer, mais laisser être ce qui demeure sans l’exposer. La mémoire n’est plus un lieu où l’on prélève ; elle devient un espace où l’on habite. 
Une voix y circule, basse, presque corporelle. Elle n’ordonne rien. Elle n’explique rien. Elle se tient juste là, assez proche pour accompagner, assez distante pour laisser libre. 

Malvan


Ce temps n’a pas besoin de nom. Il s’est formé dans le geste même de la recherche : chercher sans prendre, écrire sans fermer, ouvrir sans forcer. Rien n’a disparu. Rien n’a été récupéré. Tout a été déplacé, 
Les compartiments de l’esprit cessent alors d’être des cachettes. Ils deviennent des seuils : On peut s’y arrêter un instant, reconnaître une texture ancienne, une vibration douce, puis repartir sans se retourner. Le passé ne retient plus : il approfondit. Il n’exige ni fidélité ni répétition, 
Et dans cet équilibre fragile, vibre non pas une histoire refermée, mais une existence rendue plus libre, plus disponible au monde qui continue,