TDAH & le fait de couper la parole
Quand la parole arrive avant la fin des phrases, est-ce impolitesse ou marée trop haute ?
Clôtures de contention et ou de protection - Robert Wojciechowski
TDAH & le fait de couper la parole
Quand la parole arrive avant la fin des phrases, est-ce impolitesse ou marée trop haute ?
Les tiroirs couvrent ce qui dort, ils abritent ce qui a été rangé profondément pour être saisi sans tremblement. Ils ne s’ouvrent pas par décision mais par relâchement, quand le temps consent à lâcher prise, et ce qui glisse alors n’est ni intact ni brisé, seulement déplacé,
J'aime
Rien ne parle, rien n’accuse, rien ne demande ; cela se découvre, simplement, à la distance juste pour être supporté. Les souvenirs, longtemps maintenus dans des compartiments étanches, se lèvent comme des ombres légères, frémissements sans urgence, présents sans invasion, reconnaissables sans violence,
Le temps cesse de s’écouler selon une ligne docile ; il se replie, il revient, il caresse ce qu’il a déjà effleuré, et la présence devient résonance, le regard se fait écoute. Les tiroirs se vident sans se refermer tout à fait, laissant revenir un paysage intérieur, une odeur ancienne, un parfum sans origine précise,
La pensée trouve alors un espace où demeurer, sans point final, consciente que ce qui a été ne disparaît pas : cela change de forme, cela sommeille, cela attend.Ce temps-là n’a pas besoin d’être nommé pour exister. Il a pris forme dans la recherche elle-même : chercher sans vouloir saisir, écrire sans vouloir conclure, ouvrir sans forcer.
Ce passé là n’encombre plus le présent : il l’approfondit. Il ne réclame pas de fidélité, il demande une justesse.
Ce texte est une méditation profonde sur la vie, la mémoire, la continuité et la ponctuation. la notion de tangage, de vacillement, de transformation, célébration de la vie dans son imperfection, sa beauté, sa complexité.
La nuit s’installe avec une lenteur mesurée, comme si elle prenait soin de ne rien brusquer. Sous le lampadaire, la lumière dessine un cercle restreint, un espace de veille plus que d’éclat. L’air est frais, presque immobile, et chaque bruit parvient atténué, filtré par l’obscurité. Je m’y tiens, attentif, laissant le monde me parvenir sans l’interrompre.
Quelque part, un autre est là. Je ne le vois pas, mais je le pressens à travers des signes infimes : une image retenue, une parole inachevée, un silence chargé. Il porte son propre passé, ses fractures, ses élans interrompus. Je n’essaie pas de les éclairer. Les deviner suffit. Il y a, dans cette retenue, une forme de respect, presque une éthique de la distance, où l’attention ne cherche ni à comprendre ni à réparer, mais simplement à reconnaître.
Entre nous, rien ne s’échange de manière frontale. Et pourtant, quelque chose circule. Une écoute sans voix, une disponibilité qui n’exige pas de réponse. Le sensible ouvre ici un autre mode de relation : sentir le froid sur la peau, la lumière sur le sol, le temps qui s’étire, et savoir que l’autre, ailleurs, traverse une nuit semblable, avec ses propres contours.
En moi, le passé se déploie par touches, ajusté par une respiration intérieure, cette virgule discrète qui maintient le lien sans refermer la phrase. Elle m’apprend à demeurer, à ne pas conclure trop vite, à laisser aux choses leur inachèvement nécessaire.
Sous le lampadaire, je comprends que prendre soin ne consiste pas toujours à intervenir. Parfois, il suffit de tenir sa place, de rester présent sans envahir, d’accueillir l’autre dans sa part d’ombre comme on accueille la nuit elle-même. Deux êtres sensibles au monde, à son rythme fragile, avancent ainsi séparément, mais accordés, portés par une attention partagée qui n’a pas besoin d’être nommée pour exister.
Encore une belle journée qui vient de commencer,
On ouvre les yeux avec cette certitude fragile : aujourd’hui, je gère. Puis le temps, discret mais méthodique, se met à l’œuvre. Un café plus tard, quelques gestes répétés sans y penser, une boîte mail ouverte comme on entrouvre une trappe, et déjà le jour s’est replié sur lui-même. Il est 18 heures, et la seule victoire tangible consiste à avoir traversé la journée sans trop s’insulter intérieurement.
Le temps ne se manifeste pas ; il s’installe. Les horloges sont sourdes, les jours s’empilent, les gestes deviennent automatiques, et le corps poursuit sa trajectoire avec une efficacité remarquable, Le lundi surgit comme un invité dont on n’a pas confirmé la venue, et avant même d’avoir formulé une protestation crédible, le vendredi est là, verre à la main, demandant avec un sourire entendu ce qu’il est advenu de nos projets.
Les semaines s’écoulent comme si elles avaient un train à prendre, les mois disparaissent avec une élégance suspecte, et les années passent à la manière d’une série regardée en accéléré, dont on aurait manqué plusieurs épisodes essentiels.
Puis vient ce moment, banal en apparence, où quelque chose déraille doucement : on se demande où sont passés nos parents, pourquoi nos amis parlent de leurs enfants comme d’adultes en devenir, et à quel instant précis une décennie entière s’est volatilisée. Le temps est un pickpocket silencieux ; il ne menace pas, il prélève. Il emporte des fragments de vie pendant que nous répétions, confiants, ce mot rassurant et trompeur : après.
Après, je ferai. Après, j’appellerai. Après, je prendrai soin de moi. Ce mot a le talent rare de transformer les élans en objets décoratifs, posés sur une étagère en attendant des conditions idéales qui n’existent pas. Et lorsque l’on se décide enfin, il est souvent trop tard pour la bonne taille, le bon moment, ou la voix intacte. Le corps, lui, se charge de rappeler l’addition, avec une précision clinique et un humour douteux.
Minimum Monument ou Melting Men, est une idée née en 2002 dans l’esprit de Néle Azevedo. Une représentation d’hommes de glace fondant au soleil, assis sur les marches des monuments des plus belles villes du monde.
Surgit parfois une idée plus modeste, : les dés à présent sont jetés, léger déplacement du regard, le maintenant ne se stocke plus, ne se reporte pas; il se vit ou se perd. Sans éclat particulier, le temps ne demande pas à être rattrapé, seulement habité. Croquer le temps, ce serait comme croquer un mille-feuille où se superposent les strates de la vie, passé, présent et futur, toutes indiscernables, toutes présentes à la fois sous la dent, à sentir, à goûter, à habiter, et découvrir que le goût du moment ne se répète jamais, qu’il est unique, fragile, mouvant et vivant.
L’univers pourrait exister dans un état où passé, présent et futur se superposent, indiscernables, et où le temps, tel que nous le connaissons, n’émerge que par nos relations aux événements, par la danse de ce qui se mesure, se touche, se vit. Dans cette superposition fragile, notre vie trouve son sens : même si le temps s’étire, se dilate, ou semble disparaître, il se sent, se respire, s’habite. Nous ne pouvons ni le posséder, ni le retenir, mais nous pouvons l’éprouver, nous y tenir, nous déplacer à l’intérieur. Parfois, ce léger déplacement du regard, ce moment où l’on choisit d’être pleinement là, devient la seule manière de comprendre ce que le temps réel nous offre : ni passé à regretter, ni futur à attendre, juste maintenant, fragile, mouvant, vivant.
L'arbre sec, rencontre dans un pré St Goin Barcus , je m'assois, je m'interroge, je le regarde...entre rêve et réalité, franchir l'écorce, mouvement de terre, complice ...
Je suis là… sec, nu, dépouillé, seules mes branches fortes tiennent la tête haute. Elles ont vu le soleil et la pluie, les enfants jouer, les amoureux se taire, les chevaux tirer les charrues, les hommes labourer la terre. Mes racines ont senti le froissement des semelles, le poids des bottes et des journées de fenaison. Mes pieds ont été sciés par le travail, le temps, les machines…et c’est pour ça que je suis resté ici, à la lisière du pré, solitaire, invincible, gardien de la mémoire des saisons, des hommes et des bêtes.
Nous sommes éphémères.
Nous courons sans cesse, la Terre nous entend.
Nous oublions, mais la mémoire des racines reste.
Hé toi, oui, toi, qui passes sans voir.
Ralentis. Regarde-moi.
Je suis pas qu’un bout de bois oublié, carcasse dressée au bord du champ.
Je suis l’ombre de ce que tu étais, et le souvenir de ce que tu pourrais redevenir.
Approche. N’aie pas peur du vide entre mes bras. Ecoutes ...
J’ai vu les siècles s’y suspendre sans tomber.
J’ai porté le vent, la pluie, les joies et les peines.
J’ai connu la caresse des étés, le givre des hivers, et les hommes qui m’ont planté sans savoir qu’ils posaient là leur propre vie.
Toi qui marches vite, les yeux aveuglés. Regardes...
Tu crois que la terre a oublié ton nom.
Mais moi, je t’ai reconnu.
Je te sens dans l’air, dans la poussière qui tremble quand tu respires.
Tu viens du même lieu que moi : ventre chaud du monde, là où la sève et le sang ne faisaient qu’un seul feu. Je suis...
Écoute. Ecoute donc, Ce craquement, ce n’est pas du bois.
C’est ma voix qui remonte du sol, mémoire du vent, chanson des racines qui refusent de mourir.
Pose ta main sur moi. Là.
Tu sens, ton cœur qui bat dans le mien, ou... le mien qui bat encore pour toi , va savoir. le coeur bat...
Toi et moi, un même souffle, toi et moi.
Des mêmes blessures, des mêmes saisons.
On ploie, on tient, on casse, on repousse.
Et quand le monde nous oublie, on continue de veiller.
Alors écoute-moi bien, passant distrait :
je ne suis pas mort. Je rêve encore.
Et toi, oui, je te parle, si tu veux bien, car tant qu’un cœur bat, tant qu’une branche résiste, tant que nos regards se croisent, un regard s'élève, Toi et Moi, Nous sommes ...
Je suis l’arbre. Je suis l’homme.
Je suis la mémoire de ce qui espère encore.
Pas un cri. Une promesse. je rêve encore.
Comme un arbre… comme un homme...
L’Arbre Sec – mémoire et résistance
Chaque coup de vent me rappelle un rire, un cri,
chaque goutte de pluie un chuchotement d’été.
Je n’ai plus de feuilles, mais mes branches
Je tangue dans mes souvenirs, je ploie
J’ai porté le poids du monde, et c’est pourquoi
je reste… ici, debout, témoin, gardien
d’un passé que le temps ne peut effacer.
Même seul, même sec, je suis plein de vie.
Je suis l’arbre qui a tout vécu, tout enduré,
qui a été témoin des joies, des peines, des travaux,
et qui continue à murmurer, à respirer,
au rythme du vent, de la terre, et des saisons.
Ponctue l'attention
Bon Dieu !, Où est il ? Que fait il?
On invoque plus volontiers Dieu dans la prière, surtout quand le malheur surgit sans prévenir. Dans l’urgence de la douleur, le nom précède la pensée. Dieu. Quatre lettres, presque anodines, mais lestées d’un poids conceptuel que l’humanité traîne depuis ses premiers questionnements. Un mot qui rassure, qui inquiète, qui divise, et qui persiste, même chez ceux qui prétendent s’en être défaits.
Croyant ou non, personne n’échappe vraiment à la question : Qui est Dieu ? Ou, plus précisément, qu’avons-nous décidé qu’Il soit (notez la majuscule) ? Depuis que l’homme pense, il projette au-dessus de lui une force supposée supérieure, un principe qui dépasse l’entendement et justifie l’inexplicable. Dieu unique des monothéismes, divinités multiples de l’Antiquité, esprits tutélaires des peuples premiers : sous des formes variées, la même intuition demeure. Celle d’un ordre invisible, d’un regard au-delà du nôtre.
Pourtant, j’ai choisi de ne pas y croire. Tiens donc ! Décision rationnelle, presque hygiénique, dictée par le refus du prêt-à-penser métaphysique. Et pourtant, il est difficile de se passer de Dieu, ne serait-ce que comme réflexe. Un coup de marteau maladroit sur le doigt, et (Dieu sait que cela m'est arrivé maintes fois) et aussitôt le nom s’échappe de ma bouche. Involontaire. Brutal. Au singulier comme au pluriel,,, Comme si la douleur réveillait un langage plus ancien que la raison.
Il reste là, du moins dans le mot. Existant… Ciel. J’aime cette fracture involontaire du langage, cette faille sémantique qui révèle l’artifice. Existant-ciel : Dieu comme glissement lexical, erreur de frappe ontologique, réponse née d’un besoin plus que d’une évidence. Une présence suspendue entre le ciel et le doute, entre l’existentiel et l’habitude.
On l’a dit père. On l’a dit créateur. On l’a dit amour. Mais quel père laisse son fils cloué sur une croix pour prouver sa bienveillance ? Quelle pédagogie exige la souffrance comme démonstration ultime ? L’image est puissante, fondatrice, mais profondément dérangeante. Peut-être n’est-elle que le reflet de notre propre logique : préférer le sacrifice à l’acceptation de l’absurde.
Car Dieu sert souvent à cela : donner une forme au chaos, habiller le hasard d’une intention. « Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito », me dit Einstein. Peut-être. Ou peut-être est-ce simplement une manière élégante de refuser l’idée que rien ne nous regarde tomber.
Alors je ne crois pas, le vide. Ou plutôt, je crois ne pas y croire… Mais je continue d’en parler, de le convoquer, de le contester. Et dans ce paradoxe, Dieu subsiste, non comme certitude, mais comme trouble persistant. Une question sans réponse claire. Un silence interprété.
Peut-être le ciel est-il vide. Pas mystérieux. Pas habité. Vide. Et tellement creux aussi… Et que ce vide n’observe rien, ne juge rien, ne promet rien. Qu’il ne reste, face à nous, que l’incompressible réalité des êtres : la matière, la douleur, le hasard, la conscience qui cherche du sens là où il n’y a peut-être que des faits.
Alors le mot Dieu s’efface, non dans un fracas, mais dans une absence. Et ce qui demeure n’est ni le sacré ni le blasphème, mais l’homme, seul face à ce qu’il est, sans recours, sans témoin, et pourtant contraint de penser durant le temps alloué, sans recours, à son immortalité, physique, bien entendue, ...au cas où… en cas que...
On croyait les princes d’autrefois disparus,
Parchemin moisi, ils tuaient des inconnus.
Mais non, ils sont là, mieux habillés, mieux filmés, mieux armés,
Parlent sécurité, menace, influence, réarmement assumé.
Toujours le même tour, inventer un danger,
Pour justifier la mort, pour faire tomber des vies sur le pavé.
On recrute des jeunes avec brochures brillantes,
On promet honneur, sens, fraternité séduisante.
Mais personne ne leur montre la vérité des guerres :
Corps brisés, gueules arrachées, survivants amers.
“La patrie a besoin de vous”, on leur dit chaque jour,
Mais le pouvoir ne veut qu'obéissance.
Les peuples crient qu’ils ne veulent ni envahisseurs ni sauveurs,
Leurs voix se perdent, ne franchissent jamais les murs des auteurs.
Ukraine saigne, Russie sacrifie les siens,
Afrique brûle, mercenaires et trafiquants sur les chemins.
Europe tremble, compte chars et soldats,
La Chine muscle son jeu, la Corée envoie ses signaux haut là-bas.
On bénit encore les drapeaux, pour l’absurde total,
On envoie des garçons brûler leurs illusions fatales.
Dieu est remercié quand dix mille tombent dans la poussière,
Mais pas pour un voisin, ami : tout est calculé, rien n’est sincère.
Service militaire, préparation armée, séduire la jeunesse,
Mais qui connaît la guerre ? Qui connaît sa détresse ?
Ce sont les puissants qui exigent que d’autres meurent pour leur caprice.
Il est temps de voir clair,
De comprendre que le monde s’entête et se fourvoie.
Dans la confusion et l’absurde,
Il faut crier sa vérité,
Exposer l’injustice, révéler la manipulation,
Refuser de tomber dans le piège des illusions.
En vingt‑vingt‑cinq, il y a mieux à faire
Que de rejouer les vieux jeux de guerre,
Que de sacrifier des vies pour la gloire,.
Aimer son pays, c’est protéger la vie,
02/25