L’homme se tient debout dans le matin du monde, étonné d’exister, inquiet de durer...
On croyait les princes d’autrefois disparus, parchemin moisi, mais non, ils sont là, mieux habillés, mieux filmés, mieux armés, parlent sécurité, menaces, influences, réarmements assumés. Toujours le même tour, inventer un danger, pour justifier la mort, pour faire tomber des vies sur le pavé. On nous promet honneur, sens, fraternité séduisante.
Mais personne ne montre la vérité des guerres : Corps brisés, gueules arrachées, survivants amers. “La patrie a besoin de vous”, nous dit-on chaque jour, et le pouvoir ne veut qu'obéissance.
On bénit encore les drapeaux, pour l’absurde total. On envoie des garçons brûler leurs illusions fatales. Dieu est remercié quand dix mille tombent dans la poussière, tout est calculé, rien n’est sincère. Qui connaît la guerre ? Qui connaît sa détresse ? Ce sont les puissants qui exigent que d’autres meurent pour leur caprice, leur avidité.
Comprendre que le monde s’entête et se fourvoie. Dans la confusion et l’absurde, il faut oser crier sa vérité, exposer l’injustice, révéler la manipulation, refuser de tomber dans le piège des illusions.
En deux mille vingt-six, aimer son pays pourrait signifier, refuser de nourrir la mort, choisir le vivant, non par naïveté, par lucidité. Dans cet univers fourbe et silencieux, La seule réponse digne est celle que l’homme invente, protéger la vie.

02/25
L’homme se tient debout dans le matin du monde,
Étonné d’exister, inquiet de durer...
Il regarde l’horizon , cherche une réponse,
Le monde ne répond pas.
Il offre seulement le vent, la pluie,
Le passage du temps,
Alors l’homme invente des récits,
Pour ne pas tomber dans le vertige du vide.
Il nomme des ennemis, trace des lignes sur la terre,
Et appelle cela un destin, elle naît souvent ainsi,
Désir d’être utiles, de plus grand qu’eux.
Les jeunes avancent avec le cœur ouvert,
On leur tend des mots lourds, honneur, patrie, courage,
Comme on tend des torches dans l’obscurité.
Rien ne leur dit que la guerre ne révèle pas l’homme :
Elle le suspend, elle le fragmente,
Sur les champs de bataille, la mort n’a pas de visage sacré.
Elle vient sans message, sans justice,
Comme une fatigue du monde.
Et l’homme découvre alors une vérité nue : Il peut disparaître,
Les peuples murmurent ne pas vouloir mourir pour des récits.
Leurs voix se perdent dans le bruit des stratégies.
Là où ils parlent de vies, le pouvoir répond en chiffres.
Là où ils demandent du sens, il propose l’obéissance.
On invoque Dieu, l’histoire, la mémoire des anciens,
Pour donner à la mort la forme supportable.
La guerre est toujours décidée loin des corps,
Dans des pièces closes où le temps ne saigne pas.
Elle exige que l’homme accepte de devenir un moyen,
Et non plus une fin.
C’est là, peut-être, la véritable défaite de l’humanité.
Il arrive pourtant un instant de clarté.
Un moment où l’homme comprend
Que le monde n’a pas besoin d’être conquis pour être habité.
Que l’absence de sens n’est pas une condamnation,
Mais une invitation à choisir.
En deux mille vingt-six, aimer son pays pourrait signifier
Refuser de nourrir la mort.
Choisir le vivant, non par naïveté, par lucidité.
Dans cet univers silencieux,
La seule réponse digne
Est celle que l’homme invente
En protégeant la vie. Aimer
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire