Quand les cloches se taisent, elles appellent ceux qui restent
Puis elles se sont tues. Et dans ce silence, quelque chose a commencé.
Un premier janvier. Des vœux à peine formulés, encore fragiles, et soudain la stupeur : l’irréel qui cède, le réel qui s’impose. Ils ne sont plus là, et pourtant ils sont partout. Dans les regards qui se croisent sans se connaître. Dans les silences trop longs. Dans ce vide commun qui oblige à se tenir droit, ensemble, parce que chanceler seul ne suffit plus.
La douleur est collective. Elle ne se mesure pas, elle circule. Mais au cœur même de cette fracture, la vie insiste. Elle insiste dans les gestes solidaires, dans les présences discrètes, dans cette attention nouvelle portée aux autres, comme si quelque chose avait rappelé à tous la fragilité du fil.
Ce silence devient alors un choix : être là, apprendre, protéger, transmettre. Non par peur, mais par responsabilité. Pour que d’autres nuits aient des issues visibles. Pour que d’autres mains sachent où se diriger quand tout vacille. Pour que l’anticipation devienne un réflexe partagé, et la prévoyance un acte d’amour collectif.
Porter la mémoire en avant, non comme un poids qui écrase, mais comme un acte fragile confié à chacun.
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