Cà y est le jour se lève, ouverture et relecture
Un passage n’est jamais qu’une ouverture consentie. Il ne s’impose pas, il se révèle. Une grille relevée n’ordonne pas d’entrer : elle rend visible ce qui, jusque-là, demeurait dissimulé. Elle offre la vue, elle n’exige pas le mouvement. Franchir reste un choix., de réflexions,,,
Ouvrir les portes de la pensée, est accepter le monde qui ne se livre pas en totalité, mais par fragments. Le temps cesse alors d’être une ligne pour devenir une matière malléable, l’espace un tissu traversé de possibles. Communiquer ne consiste plus à transmettre un contenu, mais à rendre un passage praticable entre deux consciences, entre deux silences.
Les obstacles ne seraient donc pas des erreurs du parcours. Ils seraient sa grammaire. Les tunnels enseignent la persévérance : avancer sans garantie de lumière, guidé seulement par la mémoire du pas précédent. Les ponts rappellent l’équilibre fragile : tenir au-dessus du vide sans prétendre l’abolir. Les viaducs, eux, exigent une élévation du regard, une distance suffisante pour comprendre que certains chemins ne se franchissent qu’en acceptant de quitter momentanément le sol familier.
Chaque passage est une main tendue, mais aucune n’est innocente. Elle engage celui qui la saisit autant que celui qui l’offre. Traverser, c’est reconnaître que rester immobile est parfois une manière subtile de renoncer. C’est aussi accepter que le sens ne se trouve ni au départ ni à l’arrivée, mais dans l’acte même du franchissement.
La clarté ne serait elle non plus révélation brutale. Elle serait une progression. Elle surgit lorsque le pas trouve sa place juste, lorsque le corps et la pensée consentent à avancer ensemble, sans précipitation, sans certitude excessive. Le chemin ne demande pas d’être compris dans son ensemble, seulement d’être pratiqué avec attention.
Ainsi, les passages ne sont ni des raccourcis ni des solutions. Ils sont des accords temporaires entre ce qui résiste et ce qui appelle. Ils relient sans enfermer, ils ouvrent sans promettre. Comme une ponctuation discrète dans la phrase du monde, ils ne concluent rien, mais permettent au sens de continuer à circuler.
Et marcher devient alors une forme de pensée incarnée, lente, exigeante, offerte, manière d’habiter le monde sans en refermer les portes,,,
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