L'arbre sec, rencontre dans un pré St Goin Barcus , je m'assois, je m'interroge, je le regarde...entre rêve et réalité, franchir l'écorce, mouvement de terre, complice ...
Je suis là… sec, nu, dépouillé, seules mes branches fortes tiennent la tête haute. Elles ont vu le soleil et la pluie, les enfants jouer, les amoureux se taire, les chevaux tirer les charrues, les hommes labourer la terre. Mes racines ont senti le froissement des semelles, le poids des bottes et des journées de fenaison. Mes pieds ont été sciés par le travail, le temps, les machines…et c’est pour ça que je suis resté ici, à la lisière du pré, solitaire, invincible, gardien de la mémoire des saisons, des hommes et des bêtes.
Nous sommes éphémères.
Nous courons sans cesse, la Terre nous entend.
Nous oublions, mais la mémoire des racines reste.
Hé toi, oui, toi, qui passes sans voir.
Ralentis. Regarde-moi.
Je suis pas qu’un bout de bois oublié, carcasse dressée au bord du champ.
Je suis l’ombre de ce que tu étais, et le souvenir de ce que tu pourrais redevenir.
Approche. N’aie pas peur du vide entre mes bras. Ecoutes ...
J’ai vu les siècles s’y suspendre sans tomber.
J’ai porté le vent, la pluie, les joies et les peines.
J’ai connu la caresse des étés, le givre des hivers, et les hommes qui m’ont planté sans savoir qu’ils posaient là leur propre vie.
Toi qui marches vite, les yeux aveuglés. Regardes...
Tu crois que la terre a oublié ton nom.
Mais moi, je t’ai reconnu.
Je te sens dans l’air, dans la poussière qui tremble quand tu respires.
Tu viens du même lieu que moi : ventre chaud du monde, là où la sève et le sang ne faisaient qu’un seul feu. Je suis...
Écoute. Ecoute donc, Ce craquement, ce n’est pas du bois.
C’est ma voix qui remonte du sol, mémoire du vent, chanson des racines qui refusent de mourir.
Pose ta main sur moi. Là.
Tu sens, ton cœur qui bat dans le mien, ou... le mien qui bat encore pour toi , va savoir. le coeur bat...
Toi et moi, un même souffle, toi et moi.
Des mêmes blessures, des mêmes saisons.
On ploie, on tient, on casse, on repousse.
Et quand le monde nous oublie, on continue de veiller.
Alors écoute-moi bien, passant distrait :
je ne suis pas mort. Je rêve encore.
Et toi, oui, je te parle, si tu veux bien, car tant qu’un cœur bat, tant qu’une branche résiste, tant que nos regards se croisent, un regard s'élève, Toi et Moi, Nous sommes ...
Je suis l’arbre. Je suis l’homme.
Je suis la mémoire de ce qui espère encore.
Pas un cri. Une promesse. je rêve encore.
Comme un arbre… comme un homme...
L’Arbre Sec – mémoire et résistance
Chaque coup de vent me rappelle un rire, un cri,
chaque goutte de pluie un chuchotement d’été.
Je n’ai plus de feuilles, mais mes branches
Je tangue dans mes souvenirs, je ploie
J’ai porté le poids du monde, et c’est pourquoi
je reste… ici, debout, témoin, gardien
d’un passé que le temps ne peut effacer.
Même seul, même sec, je suis plein de vie.
Je suis l’arbre qui a tout vécu, tout enduré,
qui a été témoin des joies, des peines, des travaux,
et qui continue à murmurer, à respirer,
au rythme du vent, de la terre, et des saisons.
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