Je me souviens de tout.
d’un théâtre entre l’aube et le vertige.
Lui me regarde depuis les coulisses. Il ne sourit pas. Il scrute. Il interroge la charpente invisible du spectacle. « Qu’est-ce que la vérité quand tout est costume ? » . Sous son regard, les couleurs se décantent, les gestes prennent une gravité inattendue. Lui, il cherche l’ossature sous la soie, l’axiome sous le chant.
Et cet autre, lui, écrit au centre de la scène, souffle, ses phrases sont des traînées phosphorescentes qui traversent l’air et laissent derrière elles un parfum d’orage et de résine. Il sait que le masque n’est pas mensonge, que le hasard n’est pas chaos. Lui, il tend la main à l’imprévisible comme on invite un danseur inconnu.
Moi, là, armure vivante, fragile, je sens sous ma peau une muraille de feu vibrer au rythme de tambours invisibles. Moi, j'aurai aimé maîtriser le hasard et là, je découvre qu’il suffit de l’épouser.
Lui murmure encore : « Qui es-tu lorsque le rideau tombe ? »
L'autre répond : « Celui qui continue d’écrire dans l’ombre. »
Je,,, lui, moi?, je me souviens de tout, oui.
Je me souviens. Feu sous la peau. Armure vivante. Hasard en voiles, folie lente. Lui qui me regarde. L'autre qui écrit, la lumière qui traverse. Je me souviens. Spirales de pensée. Je me souviens,,, porte entrouverte par où souffle ce qui est, a été, sera. Je me souviens, quelque chose de moi qui ne s’efface pas, qui vit, clair, mobile, présent, du coeur à l'esprit. Près de moi, une présence qui circule, qui brûle, qui aime,,, ,,, danser avec ma mémoire ,,,




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