Le temps, n'a plus d'heure
Scène du film "Il tempo si è fermato"de Ermanno Olmi
On a déplacé l'heure. Une seule heure. Personne n’a demandé au temps s’il acceptait. Les horloges ont obéi. Les écrans ont suivi. Tout semblait à sa place, décalé, assurément tenable.
Mais le temps a commencé à résister, par endroits. Une minute qui refuse de finir. Une autre qui disparaît sans trace. Des gestes interrompus , on corrige. On recommence, l’erreur persiste. Les regards ne tombent plus juste. Les voix se croisent sans se rencontrer. Ces instants où tout ralentit , sous contrainte, est une réponse.
Le temps agit,,, Il isole. Il étire. Il coupe. Comme une force qui apprend. Qui teste. Les horloges sont devenues inutiles. Ou complices,,,
Le matin attaque sans prévenir. Trop tôt, trop brutal. La nuit tombe d’un seul coup, sans transition. Les jours ne se succèdent plus, ils se heurtent.
Les instants deviennent trop longs. Certains sont projetés en avant, sans passage. On se parle, mais les phrases arrivent trop tard. Toujours trop tard. Et puis il y a ces arrêts.
Le monde suspendu, dense. Hostile. Une volonté.
Le temps se referme. Il resserre. Il encercle. Il broie. Mais où aller, quand chaque seconde devient un territoire incertain ? secondes mouvantes, on attend.
Ce qui vient ne suit plus. Et ce qui reste ne part plus. Le temps ne passe plus. Il avance. Contre nous.
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