Ils sont des milliers, proches, à se frôler, jamais ensemble. Ils se regardent, se cherchent dans le mouvement qui les porte,
IIls sont des milliers, proches, à se frôler, jamais ensemble. Foule compacte, traversée de mouvements infimes, de déplacements imperceptibles : chacun ajuste sa place sans jamais la trouver. Ils se regardent, se cherchent dans ce flux continu qui les porte autant qu’il les disperse, en équilibre sans accord.
Chacun guette sans dire. Est-ce maintenant ? Est-ce aujourd’hui ? Qu’un geste suffise, qu’un regard insiste, et que quelque chose bascule enfin, que l’élan cesse d’être solitaire pour devenir commun. Rien ne vient. Trop peu, trop tard.
Les regards s’accrochent, se retiennent, une présence semble répondre, puis se défait. Ça glisse, ça se détourne, ça revient à sa place dans l’ensemble. La foule absorbe tout, même ce qui aurait pu naître.
Est-ce ici, maintenant ? Dans cette densité, dans cette chaleur, dans cette proximité saturée, ce quelque chose pourrait s’ouvrir. Se regarder, se chercher, se trouver presque… sentir l’élan, prêt à rompre l’équilibre…
et pourtant rester.
Rester là, pris dans la masse, suspendu avec les autres dans un même instant qui n’aboutit pas.
Puis, sans rupture, sans départ visible,
s’éloigner.
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