31 mars 2026

OPACITE MOUVANTE

OPACITE MOUVANTE, une ombre, secrète, résistante, qui vit, qui bouge, et se laisse traverser. Une main tendue vers cette ombre dense, vers ce qui, en nous, résiste et danse.

    Tarik Kiswanson

Il est des empreintes qui ne consentent ni à la clarté du souvenir ni à l’oubli, elles impriment dans une densité silencieuse, brûlante : le corps en devient l’archive, archive d’un passage imperceptible. Rien ne s’efface, tout se replie, se concentre, opacité vivante qui refuse le dicible et maintient la tension intime. Les mots y glissent, inefficaces sur une mémoire lissée, aucune sensation claire, seule une altération continue : le corps absorbe le monde et en garde l’écho.

Dans cet écho, qui ne serait ni souvenir ni, oubli, la sensualité trouble se déploie. Elle naît de la matière même du corps, de cette capacité à sentir sans nommer, à percevoir sans saisir, à frôler le monde et soi-même en même temps. Ombre dense, sans contours ni visage, elle frôle, caresse et mord, reliée à l’intensité de ce que le corps retient et refuse de dire.

Le temps cesse de transformer, il épaissit, densifie, suspend ce qui persiste. L’être n’est plus celui qui se souvient ni celui qui oublie, mais celui qui porte, ici, ce qui résiste à toute parole.

La parenthèse s'entrouvre, un souffle circule : la brûlure se mêle au trouble, le corps s’éveille à la mémoire d’un frôlement ancien, d’une caresse invisible,,, dans cette dérive lente, une existence plus légère et mouvante se déploie, palpitante et entière,,, 

De cette ouverture renaît une empreinte, mémoire et désir, gravité et légèreté. L’être, surpris, se laisse traverser, sans retenir ni chercher, dans la permanence incandescente de ce qu’il est, une lecture vivante qui ne cesse de s’inventer dans le sillon du temps,,, du temps,,,

j'ai repris Fenêtres de Tarik Kiswanson une expo qui aborde des questions de déracinement, de transformation, de multiplication, de désintégration, de mémoire et de temps, à la fois très proche et très lointain. Comme le corps et l’identité qui conservent toujours quelque chose d’insaisissable,,,

 

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