L’intime circule sans se refermer, où la chair et la mémoire avancent ensemble, virgule après virgule,
La rue s’ouvre et, sans prévenir, le temps se retire. Les murs se dissolvent comme brouillard ancien, la foule se défait en silhouettes molles, et il ne reste que deux présences qui se reconnaissent avant de se nommer. Rien ne presse. Rien ne réclame. Les corps savent déjà. Les regards, chargés d’années, s’arrêtent et s’accordent. Ce n’est pas un retour, c’est une continuité qui affleure,
Les pas ralentissent jusqu’au frôlement, les gestes s’allongent comme s’ils se souvenaient d’eux-mêmes. Un souffle trouve un autre souffle, un parfum ancien remonte sans bruit, non comme une nostalgie mais comme une évidence. La rencontre ne recommence pas, elle se déplie. Elle revient par oscillations lentes, une berceuse, une chaleur tenue, maîtrisée, où la retenue devient intensité,
Le désir n’exige rien. Il circule. Il est cette tension douce entre deux poitrines qui s’approchent sans se toucher encore, cette envie du baiser suspendue, tangible, contenue. Le corps reconnaît ce que la vie a transformé sans l’effacer. La mémoire n’alourdit pas, elle affine. Chaque battement s’accorde à l’autre, chaque respiration devient commune, sans projet, sans fuite,
La rue, complice, se met en sens unique. Le monde se replie. La lumière se tord et devient tiède. Tout ralentit. Un chant muet s’élève, d’air et de silence. Une ponctuation, ce n’est pas une promesse, c’est une offrande. Un instant parfait dans son hasard, brûlant sans excès, suffocant parce qu’il contient tout et ne demande rien,
Il y a eu d’autres amours, d’autres vies pleines, des enfants, des rires, des maisons habitées. Rien n’a manqué. Et pourtant, cet instant existe, non contre le reste, mais comme une origine sensible. Une première justesse. Une note inaugurale qui a rendu toutes les autres possibles. Ce qui se joue ici n’enferme pas, n’arrache rien au présent. Cela éclaire,
Quand le monde reprend sa place, rien ne se ferme. La vie continue, plus large, plus douce, enrichie de cette reconnaissance silencieuse. Ce texte n’est pas un retour, ni une réparation. Il est une gratitude déposée entre deux êtres qui se sont aimés, qui se sont perdus, et qui, un jour, se sont revus sans se reprendre,
Il n’y aura pas de point final,
Juste une respiration qui permet à la phrase de continuer, Une virgule,

Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité, tu le vivais sans le dire, simplement en roulant devant moi, le solex traçant des rimes sur l’asphalte brûlant, tes cheveux noirs dansant sous le ciel d’été, ton rire ouvrant le monde comme une phrase sans fin,
Boris Sentenac écrit : La vie est une virgule de temps, tel un souffle pour parfums, pour mots de couleurs à dire à pleurer ou à chanter, une caresse de lecture à prendre et à donner, inscrite en encre noire sur l’ouvrage de l’éternité,,,
Je choisis de déposer, ici, mot après mot. Rien de plus. Rien de moins,
Ce que je sais , c’est que j'écris, non pas pour ressusciter, mais pour mettre à distance juste, pour comprendre comment une rencontre peut continuer à vivre sans coloniser le présent. Je cherche une forme qui soit à la fois lucide, charnelle, digne, sans pathos, ni sacralisation excessive,
Je reste attentif à ne pas trahir. Ni elle. Ni celles qui ont compté ensuite. Ni moi-même, je ne désire pas en raconter davantage, ni expliquer, ni dévoiler., simplement, laisser sentir que ce corps qui se souvient a une histoire réelle,,, que la suffocation vient d’un passé interrompu, pas d’un fantasme tardif,,, que la retenue est morale autant que charnelle,,,
Je ne cherche pas à dire plus, ce que j'écris depuis, ces images que je laisse, ces mots transformés ne sont que ma réalité, bouleversée à présent, de le dire,,, je n'avais que 18 années, elle 20, j'ai recherché à renforcer la maturité du regard dans cette rencontre (ce qu’elle a de retenu, d’éthique, de presque douloureux) et aussi ne pas cacher la mémoire corporelle, ce moment où le corps reconnaît avant que l’homme n’autorise ? ,
Quand je dis « le corps reconnaît avant que l’homme n’autorise », je ne parle ni d’abandon, ni de perte de contrôle, ni de nostalgie aveugle. Je parle de ce temps très bref, presque imperceptible, où quelque chose se passe avant la pensée, avant la morale, avant la biographie., ce n'est pas un instinct brut, c’est la mémoire profonde : celle des gestes anciens, des rythmes partagés, des façons que nous avions d'être à deux qui se sont inscrites sans mots,
Axelle Gitton
M.A. m’a appris l’amour, c’est lire sans fin, quand même le livre s’est refermé. Que la vie, c’est continuer la phrase que l’autre a commencée. Et quand je parle, je crois encore l’entendre. Ton rire suspendu, virgule, ton souffle entre mes mots. Toi, poème inachevé, présente encore dans chacune des lignes construites sur mes silences,
Deux êtres formant un cercle parfait, comment traduire cet instant suspendu, ce battement du monde,
Et l’homme, dans ce que je dis, c’est celui que je suis , celui qui choisit de ne pas trahir ce qui a été vécu ensuite, ni de se trahir lui-même,
le corps dit « je sais », l’homme répond « je choisis ». Ni conflit violent, ni refoulement. Une cohabitation fragile et noble. je prône de continuer à la virgule. Pas autrement,
J'aurai aimé trouver un point d’équilibre : Ce qui revient ne réclame pas d’être vécu à nouveau, il demande seulement à être reconnu, accueilli comme on accueille une lumière ancienne dans une pièce déjà habitée, un lieu où lucidité n’a pas tué le désir, où la maturité n’a pas effacé la pulsation, où l’amour passé n’entre pas en concurrence avec l’amour vécu.
Je suis là, à la même cadence,, me confie la virgule,,, saches que la vie n’a pas de point final, seulement des souffles, des pauses, des élans,


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