08 janvier 2026

JARRE DINER


 « Les Jardiniers, ces Poètes Armés de Sécateurs » 

Je fuis les jardins négligés,
Ces terrains vagues où les mauvaises herbes font la teuf,
Où les géraniums se rebellent et les tonnelles tombent en grève.
Ici, la seule poésie, c’est la lutte pour ne pas se faire piquer par une ortie.

Un vrai jardinier, lui, n’est pas qu’un poète :
C’est un ninja des pétales, un samouraï des radis.
Sa main, douce comme un chaton mais tranchante comme un katana,
Taille, caresse… et menace les branches rebelles d’un regard noir.

Coupe-t-il sans pitié les branches folles ?
Oui, et elles le savent.
Émonde-t-il les gourmands qui pomp… euh, aspirent la sève ?
Bien sûr, sinon les roses déprimeraient et enverraient des textos rageux.

Dans son jardin, tout est drame et comédie :
On y taille les alexandrins, on y étripe les métaphores ratées,
Et parfois on lance un pot de géraniums comme une boule de bowling pour faire peur aux limaces.

Sa poche ? Une caverne d’Ali Baba :
Sécateurs pour les branches rebelles,
Bêche pour les mottes têtues,
Tuteur pour les tiges fragiles (et parfois pour (re)tenir le chat qui s’invite. Clin d'oeil à Sabine, fermons la parenthèse )

Le jardinier est un peu misanthrope,
Mais pas trop : si tu respectes ses allées et n’essayes pas de voler ses tomates, Il te sourira, t’offrira un jus,
Et te racontera des histoires de boutures comme d’autres parlent de Netflix.

Es-tu un fou de botanique ?
Sais-tu distinguer un trèfle d’un chapeau de gnome ?
Alors bienvenue dans son royaume ! Les gumes...Effleurent...
Ici, on parle greffes et semis jusqu’au coucher du soleil…
Ou jusqu’à ce qu’une taupe décide de faire un barbecue sur ton parterre.

J’aime ces jardiniers, poètes des mains calleuses,
Qui serrent leur brouette comme un violoniste serre son Stradivarius,
Et qui savent que la beauté naît de l’effort,
Que l’ordre n’est pas l’ennemi du rêve,
Et que le plus sauvage des jardins
Peut se transformer en champ de bataille comique,
Avec des radis en première ligne et des géraniums en otages.

« Un jardin, c’est comme un poème : ça se taille, ça se travaille… et parfois, ça te balance une limace sur la tête. »



«Poètes, Ninjas et Psy des Plantes, Les Jardiniers, Poètes Armés de Sécateurs»

Désolé j'aime les jardins taillés, psycho dirigés

« Un jardin, c’est un poème épique et une histoire à construire : on taille les branches, on recadre les humeurs… et une limace vous souffle à l’oreille que la vie doit rester imprévisible, drôle? un peu collante. »

J’aime les jardiniers, poètes des mains calleuses, qui tiennent bon la barre et savent apprécier la beauté du chaos contrôlé,  du décapage des mauvaises humeurs avec élégance et humour, et que l’ordre n’est pas ennemi du rêve, que le plus sauvage des jardins peut se transformer en champ de bataille cosmique, avec des radis de première ligne et des géraniums en otages.

Je dirai que je fuis les jardins négligés; ces jungles où les mauvaises herbes tiennent des réunions syndicales, où les tomates traînent en pyjama et les pissenlits tiennent des débats politiques.

Jardinier, c'est porter une attention, une écoute et proposer un accompagnement: C’est LE psy pour les plantes, un ninja du sécateur, chef d’orchestre pour radis rebelles ou carottes anxieuses. Car attention, j'ai croisé et vu tant de choses : Chaque branche folle a sa crise d’ego, chaque feuille insolente revendique ses droits. Alors je taille, parlemente, râle, donne des cours de méditation aux rosiers capricieux...

Dans ce jardin : mes géraniums font du stand-up le mardi, les limaces tiennent un club de parcours nocturne avec mots fléchés et sentiers balisés, les choux se prennent pour des philosophes et s'ébrouent des chenilles. CAAAROOTTES au garde à vous, salades sensuelles,  plantureuses et sexy, c'est tout, dans mon jardin... 

Un peu misanthrope, je le suis, mais attends, es-tu capable de distinguer le trèfle anxieux de la lavande colérique ? et saurais-tu calmer un basilic en pleine crise existentielle ?

Alors bienvenue dans mon univers, où chaque gume reçoit son conseil de vie,.......Et chaque limace son plan de réinsertion sociale.


07 janvier 2026

SOUFFLEUR de VERS

 Nous sommes souffleurs de vers, et aussi souffleurs de mots juxtaposés, penchés vers la lumière, attentifs à ce qui tremble encore sous la surface, traversant un univers à force de tangage,

suivant la courbe du temps avec la patience de ceux qui savent que rien de vivant ne se dit d’un seul tenant, nous juxtaposons les mots pour couvrir les maux, non pour les nier, mais pour les entourer, pour les rendre respirables, pour déposer sur les blessures une étoffe de sens,

les souffleurs écrivent en dévers, le corps légèrement engagé, l’écoute offerte, posant mot contre mot avec le soin d’un geste qui apaise, choisissant le vocable pour sa texture, sa chaleur, sa capacité à frôler sans heurter, car un mot juste ne tranche pas, il s’approche, il attend, il accompagne, la grammaire alors se retrouve, non comme une règle sèche mais comme une respiration partagée, le passé se recompose avec douceur, le futur devient simple, presque possible, et l’émotion naît dans les hasards rencontrés,

dans les effluves qui passent et laissent pourtant une trace, à la case départ il faut partir pour du rêve, offrir sans tout révéler, garder un dedans habité, se brûler les cieux lors de nuits de plein jour, quand la pensée glisse entre le clavier et le cœur,

je tombe parfois en amour sur une page abandonnée, son silence m’appelle, j’y pose mes mots avec retenue, comme on pose la main pour rassurer, victime consentante d’une indigestion du dictionnaire, trop de langue avalée, trop de maux à apprivoiser, amoureux d’un verbe retrouvé dans la poussière des chimères, encore tiède d’avoir attendu,

alors il faut digérer, lentement, patiemment, pour n’en restituer que le mot simple, le mot habité, celui qui tient sans blesser, je deviens poseur de prose comme on pose des rails sur un chemin de vie, avec constance et attention, des mots empruntés, respirés, parfois seulement déposés, mots simples ou juxtaposés, pour dire sans enfermer, pour couvrir sans étouffer, je dépose quelques phrases, un peu pour vous, beaucoup pour moi, et derrière elles les images se dessinent, discrètes, elles dansent sans se livrer,,, et pour suivre ,,, 

Tania Mouraud

les yeux levés vers le ciel, les mots deviennent souffle, chaleur contenue, douceur active, clichés peut-être pour certains, mais pour moi ce sont des traces sensibles, des souvenirs, du vécu, de l’imaginaire ou du futur, car écrire ainsi n’est pas masquer , c’est offrir une forme, une respiration, une transformation,,,

05 janvier 2026

BONNE RAMEE

Le droit français donne un pouvoir trop large aux autorités pour interdire des manifestations dès qu’elles estiment que celle-ci est de nature à troubler l’ordre public. 

FAIM D’ANNÉES et SOLIDARITE

Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une crise passagère. C’est une rupture. La démocratie existe encore sur le papier, mais dans la vie réelle, elle s’efface. Tu votes, puis tu disparais. Le pouvoir continue, blindé par des normes, des experts, des discours qui expliquent pourquoi tu n’as plus ton mot à dire.



On dit que bloquer dérange. Mais ce qui dérange vraiment, c’est que la misère, devenue silencieuse, se montre enfin. Ce qui inquiète, ce n’est pas la colère isolée. C’est la convergence. Le moment où chacun comprend que son problème n’est pas individuel, mais structurel. Le moment où les colères cessent d’être compartimentées.

Chacun a ses contradictions, chacun ses luttes. Mais comment rester indifférent au sort de ses voisins ? La démocratie est un outil. Elle doit être défendue, réorientée. Pas pour rêver d’un monde parfait, mais pour modifier aujourd’hui le système, le vote, la Constitution, et revoir les pouvoirs confiés à ceux à qui nous avons donné notre voix.

Decazeville  ils étaient 15 000...année 60

Nous ne demandons plus. Nous pouvons exiger.

Ne plus se taire. Ne plus attendre. Ne plus oublier. AHOU.




Hier, il y avait les ronds-points, des lieux sans prestige devenus seuils du visible, des citoyens ordinaires ont offert leurs corps et leurs voix pour rendre perceptible ce que le système persistait à tenir hors champ, ils ont été gazés, brisés, ignorés, 

aujourd’hui ce sont d’autres paysages qui portent cette charge, les champs, les routes, des étendues ouvertes où les agriculteurs se tiennent seuls sur la place, seuls à bloquer, seuls à porter une colère patiente, épaisse, qui dépasse leurs propres vies et devrait pourtant être celle de tous, 

tandis que les manifestations se réduisent à des interludes, quelques images prélevées dans le flot continu de l’information avant de se dissoudre, laissant intacte cette invisibilité persistante où se joue, loin des écrans, le quotidien réel de chacun

La manifestation encadrée, canalisée, contenue, neutralisée cesse peu à peu d’être une liberté pleine, elle devient un droit sous conditions, un espace toléré tant qu’il ne trouble pas trop le bel ordre des choses,  plus la répression est visible, organisée, dissuasive, plus la solidarité ordinaire se retire, non par indifférence mais par peur, fatigue, isolement, qui ose encore se tenir là, corps nu face à l’uniforme, face à la matraque symbolique ou réelle, face au récit qui disqualifie avant même d’écouter. 



 FAIM D’ANNÉES, 

Il arrive que l’on nomme crise ce qui relève d’une fracture lente, patiente, inscrite dans les corps avant de l’être dans les mots, et ce jour-là la fracture se rassemble, elle marche, elle se tient debout au milieu des routes, 

la démocratie n’est plus un principe abstrait mais une présence fragile, visible, vulnérable, portée par des pas, des visages, des mains levées sans arme autre que la persistance, ici les manifestants ne réclament pas l’excès, ils réclament d’être comptés, ils avancent avec ce mélange de fatigue et de dignité que l’on reconnaît à ceux qui ont trop longtemps tenu seuls, 

leurs voix ne cherchent pas à couvrir le monde mais à y trouver place, et dans le bruit des slogans, des moteurs coupés, des pas sur l’asphalte, se glisse une autre langue, plus profonde, celle des existences comprimées qui refusent de disparaître, certains parlent peu, d’autres crient, d’autres encore se taisent mais leur silence pèse, lourd de journées entières où rien n’a été entendu, 

ici personne ne bloque par plaisir, on bloque pour être enfin vu, pour ralentir un ordre qui passe trop vite sur les vies, pour dire que derrière les chiffres il y a des corps, derrière les normes il y a des visages, derrière les décisions il y a des lendemains qui ne tiennent plus, et l’on sait que l’on dérange, on le sait trop bien, mais ce qui dérange vraiment c’est cette vérité mise à nu, cette misère qui sort des marges assignées, qui s’expose au grand jour, forçant chacun à regarder, à reconnaître, à ne plus détourner les yeux, 

car regarder en face devient déjà un acte, penser à deux mains pour demain devient une nécessité, et la solidarité citoyenne commence peut-être ici, dans ce refus discret de laisser seuls ceux qui se tiennent encore debout, ceux qui sont aujourd’hui dans la rue non par goût du désordre mais parce que c’est parfois le dernier espace où l’on peut encore exister avant de disparaître, 

les manifestants deviennent alors des seuils humains, des points de tension où le collectif se souvient de lui-même, ils défient moins l’ordre que l’oubli, moins l’autorité que l’effacement, ils savent que leurs paroles peuvent être disqualifiées, leurs gestes réduits, leurs intentions caricaturées, ils savent le risque d’être bâillonnés par le récit dominant, mais ils tiennent, simplement, par présence, par nombre, par souffle partagé, 

et dans cette tenue fragile se joue quelque chose de plus vaste qu’une revendication, une mémoire commune qui se redresse, une phrase collective qui refuse de se clore, car tant que des femmes et des hommes osent se placer là, entre le passage et l’arrêt, entre la loi et la vie, entre la peur et la dignité, la démocratie respire encore, imparfaitement, douloureusement, mais réellement, et cette respiration, même entravée, même menacée, demeure un hommage vivant à celles et ceux qui marchent, qui bloquent, qui tiennent, non pour rompre le monde mais pour lui rappeler qu’ils y existent, et que nous existons avec eux, virgule, 

AHOU !



03 janvier 2026

TSLIM tubulure

Pompe TSLIM en boucle fermé, le pied! 

j'ai coincé la tubulure dans l'accroche rotative de la protection de pompe... La glycémie monte... et monte, j'ai donc injecté 10 u. en bolus , rien, j'ai repris la seringue et 10 de mieux... et j'ai constaté (trop tard)le blocage de tubulure à sa base! mais lorsque l'algorithme reprend après correction et changement réservoir, tubulure cathé, la pompe ne peut pas savoir que toi tu as injecté 10 de mieux... alors tu pries si quelqu'un écoute encore...toujours inspecter le circuit de distribution avant prise de décision...

Cela m'a permis de l'écrire

Beautiful, Disobedient Elle ne surgit pas. Elle circule.

Belle et désobéissante, elle passe sous la peau comme un courant sourd. Elle glisse entre les muscles, pince sans éclat, presse sans bruit. D’abord subtile, puis insistante. Rien de spectaculaire. Juste une présence qui ne lâche pas. Les nerfs vibrent. Les yeux voient trop et pas assez. Le cœur ajuste son rythme. Chaque pulsation tente de tenir. Elle n’est pas seulement crainte : elle est chaleur, tension, frisson intérieur. Une intensité basse, continue.

Le corps sait avant l’écran. Toujours. La glycémie commence à dériver. Lentement. Inexorablement. Comme si le corps parlait une autre langue. Les chiffres montent sans cause claire. La machine calcule. Le corps contredit. L’esprit observe : tendu, vigilant, ... déjà fatigué. 

La pompe respire au rythme du ventre. Cathéter plié, peut-être. Tubulure pincée. Une bulle d’air. Un millimètre de trop ou de moins. Rien de visible. Rien d’héroïque, non plus. 

Juste ce doute précis : ça ne passe pas. Alors on recommence. Geste appris par cœur. Presque liturgique. Changer. Purger. Relancer. Attendre. Attendre que l’insuline, tiède et invisible, trouve sa route sous la peau. Attendre que la boucle se referme, que l’algorithme reprenne prise, que l’ordre promis revienne.

Parfois, la colère. Pas explosive. Dense. Ancienne. Celle de devoir encore défaire et refaire. Changer le cathé! Relancer la boucle. Compter les minutes. Voir chaque chiffre comme une accusation muette. Parfois, le geste d’avant. La seringue. La correction manuelle. Acte de survie plus que de défi. Et le risque silencieux : la machine n’a pas dit son dernier mot. Elle corrige à son tour. Trop tard. Trop juste. 

Mais Beautiful, Disobedient n’aime pas les incertitudes. Elle glisse entre les algorithmes. Elle sourit quand la machine annonce une correction parfaite et que le corps bascule de l’autre côté. L’hypo arrive, sournoise, sans fracas. 

D’abord une chaleur étrange. Puis une légèreté inquiète. Le réel se décale d’un demi-ton. la musique devient bruit de fond. Les gestes deviennent flous. La pensée se fragmente. C’est la surveillance de soi. L’attention extrême portée à chaque signal. Habiter un corps qui négocie sans cesse avec une matière instable. Savoir que le contrôle est un mirage utile, jamais une promesse tenue.

Là où la maîtrise échappe. Là où la machine révèle sa fragilité. Là où le corps rappelle qu’il n’est pas programmable, la pompe aussi a le droit de faillir. C’est peut-être cela, le point aveugle. 

On attend d’elle la constance. La précision. La fidélité. Mais elle reste une interprète imparfaite du vivant. Et le vivant ne se laisse pas réduire à des courbes. Alors la question revient. Pourquoi. Comment. Non pour accuser. Pour comprendre. Pour continuer.

Cette vie une cohabitation tendue. Entre chair et machine. Entre chiffres et sensations. Entre contrôle et lâcher-prise. Cathéter tous les trois jours. Capteur tous les dix. Jour et nuit. Bips. Vibrations. bips, réveil ...  partition discrète. 

Et dans ce vertige charnel et parfois déroutat, il reste quelque chose d’indestructible : Pas comme une panique, pas comme une peur identifiable, mais comme une dérive interne, une montée silencieuse que le corps perçoit avant les chiffres. Beautiful, Disobedient ne part pas. Elle accompagne. Elle rappelle que le corps n’est pas une équation, 





12/25




02 janvier 2026

MOTO


Virages dans la courbe de la mémoire, 

Le vent liait les corps, l’essence liait les machines, et il arrivait que le temps ralentisse, pour ne pas rompre l’équilibre. A mes 16 années, la 125 vibrait d'un cœur jeune, elle apprenait la patience et l’insolence, et derrière, parfois, un autre moteur plus modeste collait à la trajectoire, un léger, presque rieur, dont la présence se faisait sentir avant de se voir. Deux machines, deux souffles, et cette proximité fragile qui tenait plus du serment que de la vitesse,,,

Plaisirs des sens

La route commence toujours avant le départ,,, Elle est déjà là,

quand la main cherche la clé, quand le regard glisse sur le réservoir, quand le silence du garage contient plus de promesses que de bruit. Le monde se resserre doucement, pas pour exclure, mais pour accorder. Tout devient plus précis : l’odeur froide du métal, la poussière sur le sol, le poids exact du corps qui se prépare,

Il n’y a rien à brusquer,

Le moteur sait attendre. Il reconnaît le temps qu’on lui laisse, comme un être reconnaît l’attention qu’on lui porte. Les premières vibrations ne sont pas un appel, mais une mise en place. Quelque chose s’organise, en dedans, à l’abri des regards. Une chaleur lente circule, une respiration s’installe, et déjà la route commence à exister, même immobile,

Sur deux roues, le corps cesse d’être un volume fermé,

Il devient ligne, appui, oscillation fine. Le monde ne défile pas : il répond. Chaque virage pose une question, chaque sortie de courbe y apporte une nuance, jamais une certitude. Avancer n’est pas conquérir, c’est s’ajuster. Trouver la juste inclinaison, le point où la force cesse d’être une contrainte pour devenir un dialogue,


Il arrive alors qu’un sentiment étrange se glisse dans l’élan,,,

Quelque chose qui n’est ni souvenir ni attente, mais présence diffuse. Une manière d’être accompagné sans être suivi. Rien qui pèse, rien qui presse. Seulement cette impression que le mouvement est partagé, que le rythme n’appartient pas entièrement à celui qui conduit. Une ponctuation invisible, presque affectueuse, qui empêche la phrase de se refermer trop vite,!,

Les machines changent, 

les cylindrées s’élargissent, les sons se font plus graves. Certaines motos parlent fort, d’autres murmurent. Elles séduisent par leurs lignes tendues, leur tempérament presque théâtral, mais au fond, ce n’est jamais la puissance qui reste. C’est la manière dont la route s’inscrit dans le corps, la façon dont le paysage cesse d’être décor pour devenir peinture sensible,

Dans les lignes droites, le regard se pose loin, 

Dans les virages, il revient au plus près. Le temps se dilate, puis se resserre, comme une respiration consciente. Et parfois, sans raison apparente, une douceur traverse l’instant. Un relâchement minuscule, une confiance qui ne se justifie pas. Comme si quelque chose disait : continue, non pas pour aller plus loin, mais pour rester là, exactement là,

Le plaisir n’est pas dans la vitesse,

Il est dans la continuité. Dans le fait de ne pas rompre. De laisser les gestes s’enchaîner sans heurt, de respecter la fatigue du moteur comme celle du corps. Dans cette éthique tacite du motard qui sait que tenir debout, c’est aussi savoir ralentir. Qu’il existe une noblesse discrète à ne pas forcer la phrase,

Sur certaines routes, surtout celles qui serpentent à l’écart,
le monde semble moins sûr de lui. Les arbres penchent, les pierres affleurent, le ciel s’ouvre sans emphase. Là, la conduite devient presque méditative. Chaque mètre parcouru est une négociation douce avec l’équilibre. Et dans cette attention soutenue, quelque chose veille, sans jamais intervenir,

Ce n’est ni une voix ni une image,,,

Plutôt une infime tension dans l’air, une retenue bienveillante. Comme si la route refusait de se refermer complètement, laissant toujours un espace de jeu, une respiration possible. Une virgule, une courbe peut-être, mais si légère qu’on ne la distingue qu’en roulant,,,


Le monde des motards se reconnaît à cela,

A cette capacité de sentir ce qui ne se montre pas. À ce respect instinctif pour ce qui circule entre le corps, la machine et le paysage. À cette fidélité silencieuse à une forme de présence qui ne réclame rien, mais qui accompagne,

Plaisir d’essence, des sens oui, mais surtout plaisir de la nuance. De ce feu sans flamme qui chauffe sans brûler. 
















MON DIEU

Bon Dieu !, Où est il ? Que fait il?


eh, oh,,,

On invoque plus volontiers Dieu dans la prière, surtout quand le malheur surgit sans prévenir. Dans l’urgence de la douleur, le nom précède la pensée. Dieu. Quatre lettres, presque anodines, mais lestées d’un poids conceptuel que l’humanité traîne depuis ses premiers questionnements. Un mot qui rassure, qui inquiète, qui divise, et qui persiste, même chez ceux qui prétendent s’en être défaits.

Croyant ou non, personne n’échappe vraiment à la question : Qui est Dieu ? Ou, plus précisément, qu’avons-nous décidé qu’Il soit (notez la majuscule) ? Depuis que l’homme pense, il projette au-dessus de lui une force supposée supérieure, un principe qui dépasse l’entendement et justifie l’inexplicable. Dieu unique des monothéismes, divinités multiples de l’Antiquité, esprits tutélaires des peuples premiers : sous des formes variées, la même intuition demeure. Celle d’un ordre invisible, d’un regard au-delà du nôtre.

Pourtant, j’ai choisi de ne pas y croire. Tiens donc ! Décision rationnelle, presque hygiénique, dictée par le refus du prêt-à-penser métaphysique. Et pourtant, il est difficile de se passer de Dieu, ne serait-ce que comme réflexe. Un coup de marteau maladroit sur le doigt, et (Dieu sait que cela m'est arrivé maintes fois) et aussitôt le nom s’échappe de ma bouche. Involontaire. Brutal. Au singulier comme au pluriel,,, Comme si la douleur réveillait un langage plus ancien que la raison.

Alors je m'interroge : où est-Il ?
Dans le manche du marteau, prolongement aveugle de ma volonté ?
Dans ce clou mal frappé, témoin muet de mon empressement ?
Dans la brûlure qui remonte le long du bras et me rappelle que je suis d’abord de la matière ?
Ou derrière moi, silencieux, tel ce vieux barbu figé, sourire en coin, figure commode de l’absolu, observant sans intervenir ?


Il reste là, du moins dans le mot. Existant… Ciel. J’aime cette fracture involontaire du langage, cette faille sémantique qui révèle l’artifice. Existant-ciel : Dieu comme glissement lexical, erreur de frappe ontologique, réponse née d’un besoin plus que d’une évidence. Une présence suspendue entre le ciel et le doute, entre l’existentiel et l’habitude.



On l’a dit père. On l’a dit créateur. On l’a dit amour. Mais quel père laisse son fils cloué sur une croix pour prouver sa bienveillance ? Quelle pédagogie exige la souffrance comme démonstration ultime ? L’image est puissante, fondatrice, mais profondément dérangeante. Peut-être n’est-elle que le reflet de notre propre logique : préférer le sacrifice à l’acceptation de l’absurde.

Car Dieu sert souvent à cela : donner une forme au chaos, habiller le hasard d’une intention. « Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito », me dit Einstein. Peut-être. Ou peut-être est-ce simplement une manière élégante de refuser l’idée que rien ne nous regarde tomber.

Alors je n’y crois pas, plus rien. Vide. Ou plutôt, je crois ne pas y croire… Mais je continue d’en parler, de le convoquer, de le contester. Et dans ce paradoxe, Dieu subsiste, non comme certitude, mais comme trouble persistant. Une question sans réponse claire. Un silence interprété.

Peut-être le ciel est-il vide. Pas mystérieux. Pas habité. Vide. Et tellement creux aussi… Et que ce vide n’observe rien, ne juge rien, ne promet rien. Qu’il ne reste, face à nous, que l’incompressible réalité des êtres : la matière, la douleur, le hasard, la conscience qui cherche du sens là où il n’y a peut-être que des faits.

Alors le mot Dieu s’efface, non dans un fracas, mais dans une absence. Et ce qui demeure n’est ni le sacré ni le blasphème, mais l’homme, seul face à ce qu’il est, sans recours, sans témoin, et pourtant contraint de penser durant le temps alloué, sans recours à son immortalité, physique, bien entendue, au cas où… 






01 janvier 2026

GJ / 12/2018 / ROW / AHOU AHOU AHOU

Ce mouvement, né d’une force spontanée et populaire, a su rassembler des colères contre un pouvoir perçu comme injuste. Quelle aura été la plus grosse manifestation en France ? celle du 11 janvier à Strasbourg. Le nombre total de manifestants à travers la France est estimé par le ministère de l'Intérieur à plus de 4 millions sur les deux journées, dont plus de 1,5 million le dimanche 11 janvier à Paris, ce qui en fait le plus important rassemblement de l'histoire moderne du pays. AHOU AHOU AHOU

                                  24/11/2018

le mouvement apparaît en octobre 2018 et donne lieu à de nombreuses actions à partir du 17 novembre 2018 : des blocages d’axes routiers et de carrefours giratoires sont organisés, notamment en province, et des manifestations nationales se tiennent chaque samedi, ces dernières étant plus médiatisées.

Première Ligne — Final Intentionné

Fin de jour.
Les rues se replient dans l’ombre.
Nous avançons, premiers rangs, muscles tendus, cœurs battants,
frôlant les barrages de l’autorité, murs de métal dressés
frein à la colère, pour retenir nos cris. AHOU

Le gaz  brûle les yeux, la gorge, le souffle court.
Poussière et fumée dansent, invisibles mais tangibles,
avertissement, loi de chaos.

Gyrophares rouges et bleus partout.

Nous sommes encerclés. AHOU
Le monde se referme, rapide, impitoyable, inexorable.

La course commence.
Fuite dans les champs, ruelles étroites,
poursuites toniques, jambes en feu, souffle haletant.
Chaque cri fracture l’air, chaque pavé résonne.
les ordres sifflent, la nuit devient un piège mouvant. AHOU

Et pourtant…
Il y avait les ronds-points, jaunes, faits de palettes,
cabanes de fortune dressées comme autant de refuges.
Cafés fumants, mains serrées, regards, visages,
discussions timides ou enflammées,
corps qui se réchauffent, cœurs qui s’allient.

La peur est totale, physique, mais la solidarité persiste.
Le mouvement tremble mais le front reste levé.
Chaque cri, chaque geste, chaque souffle : tenir la ligne, résister, exister.

GAV, minutes suspendues derrière les portes,
silence oppressant, mémoire des rues et des pavés :
tout devient cicatrice, souvenir incandescent.
Nous sommes vivants, haletants, encerclés, mais debout.

Faut-il tout reconstruire, plus tard, autrement ?
L’urgence est là.
Sommes-nous prêts à l’entendre, à la saisir, à la comprendre ?

Nous marchons encore, dans la mémoire de ces années,
dans le souvenir des cris et du silence,
dans la beauté indicible d’avoir été ensemble,
même lorsque tout semble se répéter.
L’indicible beauté de ce que nous avons été,
entre colère et foi,
entre présent digéré et futur à inventer.

Mais nous savons ce que c’est que de se tenir debout,
regarder l’injustice en face,
et y répondre, même à mains nues,
dans la fumée du gaz, le fracas des barrages,
la course haletante,
et la chaleur fragile des cafés sur les ronds-points. 

AHOU AHOU AHOU


Pourtant, son absence de vision claire et structurée l'a conduit à l'échec. Le 16 mars 2019, une manifestation particulièrement violente déclenche un inexorable essoufflement du mouvement et les confinements liés à la pandémie de Covid 19 en 2020 et 2021 le mettent à l'arrêt. Ce mouvement reste néanmoins actif : il participe au mouvement contre le projet de réforme des retraites de 2019-2020, au mouvement d'opposition aux mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 et au mouvement contre la réforme des retraites de 2023.  

                           Belfort 7/01/2023

Dans un rapport publié le 14 décembre 2018, Amnesty International dénonce un « usage excessif de la force » contre des manifestants pacifiques, des fouilles et arrestations abusives (notamment sur des street medics), ainsi que les conditions « inhumain[es] » de l'interpellation le 3 décembre à Mantes-la-Jolie de 148 lycéens, agenouillés et menottés pendant plusieurs heures

Le Gilet Jaune, çà te colle à la peau ! Dimanche je croisais des personnes qui ne savaient pas ou ne veulent pas savoir que les GJ avait un lieu où les réunions battent le plein...une page FB ... D'autres me contaient que l'essence avait baissé et que ce mouvement n'avait pas utilité de se poursuivre. Une autre personne me disait que les GJ se rassemblaient le samedi pour marcher à pied et que ces GJ étaient contre l'utilisation de l'automobile, enfin pour finir sur ce grand déballage je partage mon existence avec des êtres qui ne veulent pas s'enliser dans un groupe plus large que leur ego et qui ma foi se suffisent à eux mêmes et préfèrent rejoindre la tribu des bienheureux....et de Dieu pour tous.

Alors quelle leçon en tirer ??? Comment s'exprimer et communiquer ? Je ne vais rajouter des "Et si et des ya ka, y faudré kon, "mais opterait pour trouver utilement des solutions..ENSEMBLE.

L'urgence avant que le commun des mortels inondés d'in- formations ne voit dans les GJ que des campements de "gitans", des feux follets la nuit , des anarchistes violents casseurs voleurs prédateurs anti la république, qui piétinent chaque samedi sur les ronds points et troublent les nuits des citoyens fatigués.ENSEMBLE

Comment inviter la société à s'interroger et à s'inviter à partager le temps d'une escapade au "campement " des GJ, diffuser de l'information claire et précise. ENSEMBLE

Oublions les tensions, elles restent légitimes dans la durée de ce rassemblement. Unissons nos différences et cultivons nos contraires. Nous nous devons de trouver une issue visant à pérenniser nos lendemains.ENSEMBLE

Cela impliquera de (ré)inventer notre projet ou de revoir ce qui a était la base de sa création. Cela implique surtout de créer les conditions pour élargir le nombre de celles et ceux qui soutiennent les GJ . ENSEMBLE

A nous aussi de sortir de notre confortable campement ! Et tel ce sparadrap qui te colle, faisons en sorte qu'il se prenne à la réflexion de chacun. A deux mains....ENSEMBLE, avec force et joie


TRANSITION ÉCOLOGIQUE, JUSTICE SOCIÉTALE, JUSTICE FISCALE, vaste programme! Etre et faire dans un système qui doit, devrait m'accompagner. ... réflexions. ...


Ce qui se déroule devant moi est la concrétisation de ce que je suis et fais. Je ne connais pas mes limites et ne connais pas non plus la capacité d'un peuple à oser, à proposer, à adapter, à se prendre par la main. Les valeurs et notre capacité à défendre un droit n'ont pas de limite. Ces limites ne peuvent être prises en considération qu'au moment où nous essayons. ..

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Ma réflexion ne pourrait se limiter à un hexagone, j'appelle les " humains terrestres" à s'engager contre l' économie mondialiste, vecteur de nos maux présents, d'être force de propositions afin de persuader les politiciens et dirigeants d'entre-prises que leurs actes et dénis sont source de nuisances pour l'homme, les éco-systèmes et la planète. Pour la vie et sa survie. ...


TRANSITION ÉCOLOGIQUE, sobriété et efficacité énergétique. 

Cela fait + de 40 années que l'on m'en parle... Il serait temps d'agir! Construire une transition écologique impliquerait de mettre en place des mesures ambitieuses, comme cette taxe carbone mais à quoi sert-elle si ce ne sont que les français qui y contribueraient, à défaut de la planète!!! . Il est nécessaire de proposer des mesures d’accompagnement, pour atténuer les effets sur les ménages et secteurs d’activités les plus fragiles. Ces mesures doivent avoir le double objectif de répondre à une urgence de moyens, le paiement des factures des ménages en situation de précarité énergétique, et d’améliorer durablement les conditions de vie, le tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, la rénovation thermique des logements, aides concrètes et réfléchies, prime vélo et non diesel pour un diesel,taxation du kérosène. ...

Construire une transition écologique juste implique également d’accompagner les transformations de certains sites industriels (nucléaire, centrales électriques au charbon ou ceux de l’industrie automobile), les secteurs d’activités (transport routier- ferroutage) et territoires particulièrement touchés par des politiques de la transition écologique, les territoires ruraux très dépendants de l'automobile. Il s’agit de soutenir l’émergence des projets alternatifs en anticipant les problématiques. ...

Construire une transition écologique signifie d’arrêter l’opposition entre les politiques climatiques, la lutte contre le chômage et la pauvreté et les politiques économiques. Il est plus que jamais nécessaire de construire des passerelles pour un monde juste. ...


JUSTICE SOCIÉTALE, adaptation et reconnaissance


La justice sociale se doit d'exister entre la société et les membres qui la constituent . Elle doit instaurer un système de répartitions, où chaque individu a et conserve les mêmes chances de réussite tout au long des situations de sa vie d'individu : l’égalité des chances. Les adaptations impliquent des corrections sociales, financières ou culturelles. afin de reconnaître chaque être pour ce qu'il est. Quelles garanties? Élèves, lycéens, étudiants, éducation, actifs, santé, justice retraités, personnes en situation de handicap. ...


JUSTICE FISCALE, responsabilité et redistribution


Je ne vais pas réinventer les fondamentaux de l’impôt : ils existent,. Il s’agit avant tout de les réhabiliter. Ainsi, l’égalité des contribuables devant l’impôt est posée à l’article 13 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen qui établit que « la contribution commune …. doit être répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés ». Cet article définit simplement la justice fiscale, impactée par les choix fiscaux de ces vingt dernières années. Toute réforme fiscale se doit donc de revenir sur ce qui a affaibli ce principe. L’égalité devant l’impôt passe donc par une organisation efficace de la gestion du contrôle et du recouvrement de l’impôt : Elle passe, au sein de la Direction générale des finances publiques, par des moyens humains, juridiques et matériels adéquats. Tout le monde n'a pas l'Internet. Citoyens et grandes entreprises, multi-nationales, actionnaires. ...

L’égalité devant l’impôt suppose que les intérêts particuliers, les lobbies n’interviennent pas dans l’élaboration du droit fiscal. Pour ce faire, les services concernés doivent eux aussi disposer des moyens adéquats et ne pas dépendre des interventions extérieures, porteuses d’intérêts particuliers qui peuvent se heurter à l’intérêt général... que la loi est censée servir et garantir. … baisse des taxes sur les produits de première nécessité. ...

Un partage réellement équitable des richesses au sein des grandes entreprises, la lutte contre l'évasion fiscale pour financer les services publics, la défense d'un impôt juste et progressif. ...


EN guise de RÉSUMÉ

GILETS JAUNES 2018...   ,,,

Ma vision de la société serait que nous arrivions à une période de transition obligée. Mais quel changement! 

J'attends des actions de propositions, d'adaptations responsables et réfléchies. Je me sens débordé devant le flot continuel du mal être, des injustices, des souffrances et du non respect de la l'homme et de la vie. J'ai envie de crier mon incapacité et ma révolte, mes résignations! ...

Le bien être tant prôné ne doit pas oublier les causes du mal être, notre société doit se regarder. Seul, avec mes ID, dans mon jardin protégé, je ne suis rien sans vous tous et un chacun. ...


Ce qui me vient ici et maintenant, de A. à Z. Ne pas céder, construire, défier.. ...

- Agrobio - Baleines - Coquelicots - Détox - Education - Fraternité - Gestion participative - Habitat - Inspyr - Joie - Kaos - Liberté - Migrant - Nourriture - Obsolète - Paix - Qu'est-ce Qu'on Fait - Responsable - Solidarité - Tribus autochtones - Univers - Vélo - Wild life - XeXtinction Rébéllion - Yaka - Zad planète - ........

Plus globalement, j'accuse l’État de ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires pour atténuer et pour prévenir le changement climatique. "Quand Emmanuel Macron explique que la transition écologique est trop chère, il se trompe d’époque !

Je désire une société plus juste et égalitaire, dans laquelle les populations vulnérables sont accompagnées vers la transition." 

TRANSITION oui - justice SOCIALE oui - justice FISCALE oui

J'ai signé la pétition

Qui étaient ils?

Ce que je vois aujourd'hui est un rassemblement affranchi des différences : les mains sont tendues, le sourire ouvert et les yeux te regardent sans question, sans attendre. Des mains caleuses et la douceur de peau se côtoient pour construire un demain, un possible.

Je suis assis face à eux, un brasero chauffe la scène : tout autour, réchauffés, j'entrevois ma mère, mon père, un parent, un retour du passé. Des gens aux traits marqués : fiers aussi, eux dont on ne parle quasi jamais, ringards, paillards me disent certains. Je bondis, le mépris entrevu insulte le gilet jaune qu'aurait porté mon père!

Il m'est dit : Alors les Gilets Jaunes, des "casses os". Pourquoi ce mépris, comment diminuer ces gens qui souhaitent un lendemain juste, équitable, respectueux de l'homme comme de la Nature. Je vois Les Gilets Jaunes oubliés par une population dans le dénie, sacralisée au bien être personnel sans qu'elle ne recherchent forcément la cause du mal qui ronge notre société.

Oloron est tranquille, mais quand Paris ou les villes s'engrognent, défilent alors, insultes et irresponsabilités des actes : La violence exprimée dans une vitrine brisée efface les vies détruites, désocialisées, par une société égoïste et en voie de déshumanisation. Je partage le pain, j'accompagne des personnes qui osent à mi-mots avouer leur cri de révolte : manquer, ne pas se soigner, compter. Eh oui, ensemble ils grognent, leur révolte!

AHOU AHOU AHOU

Là où il fallait proposer des réformes ou une orientation politique, le mouvement des GJ s’est perdu dans des revendications disparates, mêlant des idées pertinentes à des propositions irréalistes. Sans pensée directrice, ce mouvement heterogeneous provoque l’éclatement : les colères unies contre le pouvoir sont en réalité antagonistes entre elles.

À l’origine, ce mouvement était une révolte venue de la base, sans affiliation partisane. Mais son manque de structure a permis aux partis d’opposition et aux casseurs de le parasiter, notamment lors des violences du 1er décembre, qui ont dégradé son image et menacé son existence.

Pourtant, ce mouvement était aussi suprapolitique : il faisait appel à la morale et à la justice dans un pays où le pouvoir favorise les privilégiés et écrase les défavorisés. Initialement non violent, il a utilisé des contraintes sur la circulation pour se faire entendre. Mais la violence des casseurs, puis les réactions qui en ont découlé, ont fini par le discréditer.

Son avenir, a été un éveil, prise de conscience plus profonde. L’obstacle n’est pas seulement le pouvoir en place, mais le pouvoir multiforme du profit, qui a colonisé les institutions et les esprits. La vraie lutte devrait être celle d’une politique de civilisation, une refonte radicale pour régénérer la biosphère, dépolluer les villes, revitaliser les terres par une agriculture durable, et repenser nos modes de vie.

Ironie de l’histoire : en s’opposant à une taxe écologique mal présentée, ce mouvement a involontairement sapé la cause même qui pourrait le sauver. Car le vrai combat est bien là : dépolluer nos énergies, nos villes, nos sols, notre atmosphère, notre alimentation, nos vies et ainsi, affaiblir l’emprise du profit.

 Les "gilets jaunes" n’ont fait que combattre les symptômes, non les causes. Reste à voir si une voie positive pourrait à nouveau émerger de ce chaos, ou s’il faudrait tout reconstruire, plus tard, autrement. L’urgence est là.