COP un, COP in'
Écrit en 2025, entre colère et “luxidité”
À toutes les conférences où l’on oublie d’écouter la Terre.
COP un et COP in', un jour de promesse,
Rêvaient d’avenir, d’accords et d’allégresse.
Naïves encore, elles croyaient sauver la Terre,
Parler suffirait pour éteindre nos misères.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Mais le temps file, et les COP se sont multipliées,
Comme des réunions où l’on répète, sans vérité.
Espérant qu’un jour, peut-être, quelqu’un les exauce,
Alors que le monde brûle et que les espèces régressent
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Aujourd’hui, COP un et COP in' ne savent plus,
Si elles se parlent ou se mesurent dans l’absolu.
Qui mangera l’autre demain dans ce festin ?
Les nations se toisent, se jaugent, se tiennent par le groin.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Les grands s’applaudissent, les absents se taisent,
Et la planète a chaud sous les projecteurs qui l’observent.
L’Amazonie brûle, le ciel pleure en rouge et noir,
Et nous, nous cherchons des fonds pour rebâtir nos histoires.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
La symbolique est cruelle, la pierre nous émeut plus que la sève,
On verse des dons aux tours, mais pas aux racines qui s’élèvent.
Le monde a pris un sens unique de boulimie,
On avale la Terre, aveugles, en pleine frénésie.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
"Supertrackers" chargés de désirs traversent les mers,
Pendant que des peuples subissent nos colères.
Ouragans, eaux montantes, vents furieux et saisons fâchées,
Et nous, hypnotisés, attendons nos colis dispatchés.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Un monde de contradictions parfaites s’offre à nos yeux :
Les uns crient famine, les autres commandent aux cieux.
Les uns prient pour la pluie, les autres vendent des parapluies,
La folie boulimique de l’homme ne cesse de rugir à en vomir
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Chaque COP se rêve sauveuse, et finit en commémoration,
Chaque discours drape la vertu tandis que brûle la création.
Forêts qui se consument, glaciers qui se brisent,
Et nos choix invitent la douleur.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Nous avons intelligence et technologie,
Nous confondons progrès et vitesse, confort et vie choisie.
Un jour, quand la Terre aura fini d’encaisser,
L’indigestion des peuples s'étalera, et tout pourra basculer.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Il sera trop tard pour COP un et COP in',
Trop tard pour excuses, rapports, objectifs déguisés.
Ne restera que le souffle chaud d’une planète fatiguée,
Et le souvenir d’une humanité qui voulut tout posséder.
nous n'avons pas compris, le temps ... le temps.....était compté...
COP un et COP in’ se sont rencontrées un jour de promesse, vêtues d’accords et de déclarations d’allégresse, persuadées que quelques mots bien rangés suffiraient à rafraîchir la planète. Elles parlaient d’avenir comme on parle d’un buffet déjà prêt, sans voir la cuisine qui brûlait derrière la porte. Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?
Les COP se sont multipliées comme des réunions où l’on répète les mêmes phrases, en espérant qu’un miracle bureaucratique finira par se produire pendant que les forêts disparaissent et que les espèces s’éclipsent en silence. Aujourd’hui, COP un et COP in’ ne savent plus si elles dialoguent ou si elles se jaugent, chacune comptant ses points de croissance comme on compte des trophées, pendant que la planète, elle, compte les degrés.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? Les puissants s’applaudissent sous des lumières trop blanches, les absents se taisent, et la Terre transpire sous les projecteurs ; l’Amazonie brûle, les océans montent, et nous cherchons surtout à sécuriser les chaînes de livraison pour nos prochains désirs. La symbolique est cruelle : une pierre calcinée nous émeut plus qu’une racine arrachée, et l’on finance les ruines visibles tout en laissant mourir ce qui pousse lentement.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? Des cargos pleins d’objets inutiles traversent les mers pendant que des peuples entiers apprennent le goût du sel dans leurs maisons, et nous suivons nos colis en temps réel comme si la planète avait un bouton “retour gratuit”. Le monde est devenu un paradoxe confortable : certains prient pour la pluie, d’autres vendent des parapluies connectés, et tout le monde appelle cela le progrès.
Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? Chaque COP se rêve sauveuse et finit en cérémonie de clôture, chaque discours s’habille de vertu pendant que les glaciers se retirent sans applaudissements. Nous avons l’intelligence, la technologie, les satellites et les slogans, mais nous confondons vitesse et avenir, confort et sens.
Un jour, la Terre n’avalera plus nos excès ; elle rendra tout d’un coup, et nous appellerons cela une catastrophe naturelle, comme si nous n’avions jamais tenu la fourchette. Alors il sera trop tard pour COP un et COP in’, trop tard pour les rapports et les promesses repoussées à la prochaine réunion, et il ne restera que le souffle chaud d’une planète fatiguée et le souvenir d’une humanité qui avait tout compris…
sauf que le temps, lui, n’attendait plus.

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