04 juin 2026

ENTRE les PEAUX

  

Images et miroirs, masques ajustés comme secondes peaux, et dessous une pulsation plus lente, plus vraie. Le poids des apparences se dépose sans bruit, dans les regards qui hésitent, dans les sourires retenus, dans cette peur sourde qui apprend à tenir sans se montrer.

La vie ne se compte pas. Elle se sent. Dans un rire qui traverse le corps, dans une vibration qui remonte sous la peau, dans ces instants où le monde respire à l’unisson. Elle se loge dans les visages marqués, où le temps a laissé sa main pour modeler, creuser, polir.

Certains êtres portent cela. Leurs corps racontent les saisons, leurs gestes ont la lenteur de ce qui a traversé. La peau se plisse, se froisse, mais garde une chaleur, une souplesse secrète. Les rides deviennent des lignes sensibles, des sillons où la lumière s’attarde, où le rire a pris appui.

Ils ont quitté les surfaces lisses. Ils ont laissé tomber les masques trop ajustés, ceux qui serrent. Les images se troublent. Les reflets cessent d’obéir. Ce que l’on prenait pour une forme stable se fissure, se déplace, se défait. Il ne reste plus qu’une présence, moins parfaite, mais plus juste.

Ils rappellent que la vérité ne se tient pas derrière le masque, mais dans le geste qui l’abandonne. Et que ce que l’on nomme parfois faux-semblant n’est peut-être qu’un miroir trop longtemps regardé, jusqu’à oublier ce qui, en nous, ne s’y reflète pas.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire