24 juin 2026

PERIMETRE

PERIMETRE

Je regarde les murs. Je regarde les plantes. Je reste dans le jardin. J'ai chaud,  les gestes simples. Arroser. Observer. Attendre. Sans savoir . A partir de quand un monde cesse-t-il d’être celui dans lequel on est né ?

Il n’y a pas eu de fin. Le jardin est resté. Tout le reste a disparu. Le monde est parti sans me prévenir. Parti. A partir de quand un monde cesse-t-il d’être celui dans lequel on est né ? Les journées se ressemblent trop pour être comptées. Je ne sais plus. Cette chaleur retenue. Il n’y a pas eu de fin. Le jardin est resté. Tout le reste a disparu. Disparu.

Il n’y a pas eu de fin. Les déplacements se sont raréfiés. Puis ils ont cessé. Il n’y a pas eu de départ. Seulement une absence de retour. 

Je ferme encore les volets le matin, par habitude. Ensuite je les rouvre, tard le soir. Le jour est déjà là, trop présent. Il s’impose., il brule.

Je vérifie l’eau. C’est devenu l’activité principale. L'eau, le tuyau, les arrosoirs, les points d’ombre à préserver. L'eau, l’eau ne reste pas. L'eau disparaît rapidement dans la terre. Trop rapidement. Le sol ne retient plus rien. Il avale.

Je ne sais pas depuis quand cela a commencé. Peut être avant moi. Peut-être avec moi. Il n’y a pas de logique Le silence a changé. Un oiseau rare. Un froissement. Puis plus rien. Rien, je parle à voix basse, sans raison. Juste pour vérifier que quelque chose répond encore, rien, rien ne répond.

Je cherche l’ombre. J'évite les efforts inutiles. Je regarde. Tout est immobilité, contrainte. Cette chaleur. Il n’y a plus de preuve. Parfois je pense que je suis encore là par erreur. Une erreur, je pense que c’est le monde qui est parti sans me prévenir. Il est parti, je suis seul, il fait chaud, le jour brule, la nuit transpire, je continue, j'ai chaud,  les gestes simples. Arroser. Observer. Attendre. Sans savoir . 









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