Le goût des chemins de traverse
Ce Béarn invite sur ses chemins de traverse. De petites routes sans prestige, des pistes agricoles, des voies forestières, des sentes discrètes que l'on découvre souvent en cédant à une impulsion. Elles serpentent à l'écart du monde pressé, relient les villages, longent un cours d'eau, disparaissent derrière une haie avant de réapparaître au détour d'une colline. Certains cyclistes poursuivent la vitesse, d'autres la technique, d'autres encore la performance pure. Je les admire sincèrement. Mais je me reconnais davantage dans une autre famille : celle du curieux.
J'aime les routes, les chemins, les pistes et les détours. Quitter le flux principal. Échapper aux itinéraires imposés. Voir ce qui se cache derrière un bois, au fond d'une vallée ou après un virage . J'aime entendre le paysage se raconter. Je préfère souvent le chemin qui hésite au trajet qui promet. Le vélo est un merveilleux prétexte à cette curiosité. Il permet d'aller assez lentement pour voir, mais suffisamment vite pour découvrir. Il autorise l'imprévu : une vieille ferme endormie dans les coteaux, l'ombre d'un portail entrouvert, une source cachée sous les fougères, une lumière d'orage glissant sur les champs de maïs. Rien d'extraordinaire peut-être, mais c'est ce qui donne sa saveur à une journée.
J'ai parfois l'impression que les dieux des coteaux s'amusent à mes dépens. Ils observent ce pédaleur juché sur son VAE aux batteries généreuses et lui soufflent des idées dont ils connaissent parfaitement l'issue. Car le véritable piège n'est jamais le chemin. C'est cette certitude absurde qui me pousse à vouloir savoir ce qui se cache derrière le prochain virage.
Alors je continue. Sur ces chemins empruntés sans certitude, qui offrent moins de réponses, mais chargent les souvenirs.










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