24 avril 2026

LES CHEMINS

 Ces chemins qui n’en finissent pas, je choisis toujours les traverses.

Des sentiers incertains, ceux qui semblent ne mener nulle part,  ou peut-être partout. Le vélo avance, fidèle, et moi je pédale sans carte ni boussole : se perdre est parfois la seule manière de se retrouver.

Le gravier chante sous les roues. Puis la terre, piste ancienne bordée de noisetiers, ils effleurent mes épaules et vérifient mon passage, personne, nulle trace au sol. Je m’enfonce plus loin, là où la terre cède, où l’herbe s’incline doucement sous mon poids. Je ne sais pas où cela me mène, aucune importance. Une prairie large sur le côté, immobile pièce d'un puzzle. Arrêt . Un cheval y broute, indifférent à ma présence. Je lui confie ma question muette, ni direction, ni signe. Son silence vaut réponse. Le vent parle dans les herbes, les ombres glissent sur le sol. Puis, au loin, des moteurs. La forêt cède, les troncs tombent, emportés ailleurs. 

Je passe sous les aubépines. Leurs épines accrochent mes vêtements, leurs fleurs tombent sur moi comme une bénédiction florale et sauvage. Je ne sais toujours pas où je vais. Entre égarement et  découverte. Les sentiers oubliés ne guident pas, ils accueillent. Pierres, flaques, détours : tout y est brut, sans détour. Et c’est exactement là que je dois être. J'aime.

La forêt respire. Même blessée, elle vit. Même entaillée, elle persiste. Le bruit du grumier s’efface. Le cheval n’est plus là. Il ne reste que le sentier, un morceau de ciel entre les branches, être à la fois nulle part et profondément chez soi. Je me laisse porter. Peut-être que les détours sont le cœur du voyage, j’agrandis mon monde.

Puis la piste réapparaît, elle me mènera quelque part , là où je dois être : on ne se perd jamais vraiment. On se découvre. Je jette un dernier regard, au cheval absent, à la forêt encore vivante. Demain ...

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire