12 février 2026

,!!!,,,,,,,EXISTENCE,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, !!!

Les tiroirs couvrent ce qui dort, ils abritent ce qui a été rangé profondément pour être saisi sans tremblement. Ils ne s’ouvrent pas par décision mais par relâchement, quand le temps consent à lâcher prise, et ce qui glisse alors n’est ni intact ni brisé, seulement déplacé, 

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Baou

Rien ne parle, rien n’accuse, rien ne demande ; cela se découvre, simplement, à la distance juste pour être supporté. Les souvenirs, longtemps maintenus dans des compartiments étanches, se lèvent comme des ombres légères, frémissements sans urgence, présents sans invasion, reconnaissables sans violence, 

Elusive Memory Deborah Orloff

La mémoire révèle alors sa nature véritable : elle ne conserve pas, elle polit ; elle ne fige pas, elle rend habitable ce qui ne l’était pas encore. Le corps comprend avant l’esprit, dans une lenteur attentive où les larmes ne sont ni chute ni rupture mais ajustement, preuve silencieuse d’une porosité intacte au vivant,

Le temps cesse de s’écouler selon une ligne docile ; il se replie, il revient, il caresse ce qu’il a déjà effleuré, et la présence devient résonance, le regard se fait écoute. Les tiroirs se vident sans se refermer tout à fait, laissant revenir un paysage intérieur, une odeur ancienne, un parfum sans origine précise, 

Mémoire lointaine Poumi Lescaut 

La pensée trouve alors un espace où demeurer, sans point final, consciente que ce qui a été ne disparaît pas : cela change de forme, cela sommeille, cela attend. 

L'homme qui marche Alberto Giacometti par Alain Neddam, fondation Maeght St Paul de Vence

Ainsi l’homme avance, les pieds encore pris dans la matière qui le fonde, le regard attiré par un horizon qui n’explique rien mais appelle ; il ne fuit pas sa condition, il la traverse, et dans ce mouvement persiste quelque chose d’essentiel, une présence qui ne se fixe jamais tout à fait, une existence qui se construit en marchant, en revenant, en laissant faire,

Labyrinthe de Miro


MES MOIRES,

Les Moires Olicorno

Il arrive un moment où l’on cesse de vouloir comprendre pour apprendre à accueillir. Non pas fermer, ni effacer, mais consentir à ce qui demeure, sans l’exhiber, sans le disséquer. La mémoire n’est plus alors un lieu que l’on fouille avec fébrilité, mais un espace que l’on habite avec mesure.  

Ce temps-là n’a pas besoin d’être nommé pour exister. Il a pris forme dans la recherche elle-même : chercher sans vouloir saisir, écrire sans vouloir conclure, ouvrir sans forcer. 

Les Moires Lysistrata

Ce passé là n’encombre plus le présent : il l’approfondit. Il ne réclame pas de fidélité, il demande une justesse.

Sans promesse excessive, avec un accord silencieux avec le temps : non linéaire, non définitif, capable de contenir plusieurs états sans les opposer. Le vécu continue d’exister , en tonalité de fond , intelligence discrète du lien , une respiration qui n’interrompt pas la marche ,



Ce texte est une méditation profonde sur la vie, la mémoire, la continuité et la ponctuation. la notion de tangage, de vacillement, de transformation, célébration de la vie dans son imperfection, sa beauté, sa complexité. 

Marie Christine Forin

Dans la mythologie grecque, les Moires sont trois divinités du Destin : Clotho, Lachésis et Atropos. Elles sont associées aux cycles cosmiques, aux grandes déesses de la nature, de la végétation et de la fertilité. Elles deviennent les Parques, dans la mythologie romaine. Pour chaque mortel, elles accordent une mesure de vie, dont elles règlent la durée, la première en filant, la seconde en enroulant le fil, la troisième en le coupant.

ET VOICI

La mémoire n’est pas fidélité : elle assouplit ce qui fut trop vif, elle réchauffe ce qui aurait pu rester brûlure. Le temps s’y courbe, palpite sous la peau plutôt qu’il ne s’écoule, et ce qui a été n’est plus derrière mais dedans, logé dans une épaisseur sensible. Les tiroirs restent entrouverts, laissant passer une lumière tiède, une odeur sans nom, un détail qui effleure la nuque ou la poitrine et réveille une douceur ancienne. La pensée n’y conclut plus, elle demeure ; le passé cesse d’être un fait pour devenir un climat intérieur,
 
La mémoire ne parle pas : elle caresse à distance, ajuste les intensités, rappelle sans saisir. Alors on cesse de vouloir comprendre, on consent à accueillir. La mémoire devient un espace habité, seuil vivant où rien ne se ferme, où une présence aimée continue de veiller, silencieuse, dans la lumière qui entre.

Sérennité Samzaï

La mémoire comme seuil, mes moires d’existence

On n’y range pas le passé : on y dépose ce qui continue de vibrer quand tout le reste s’est tu. Ils ne s’ouvrent pas à la demande. Les tiroirs cèdent lorsque le corps relâche, lorsque le temps, enfin, consent à ne plus serrer.

Alors rien ne déborde. Rien ne heurte. Les souvenirs ne se présentent plus comme des images nettes, mais comme des états de peau, un geste, une tension douce, un parfum. Ils ne racontent pas ; ils s’installent. Ils ne sont ni exacts ni faux : ils demeurent supportables, 

La mémoire n’est pas fidélité. Elle est métamorphose. Elle travaille à rendre vivable ce qui, laissé brut, resterait brûlure. Elle polit, elle adoucit les angles, elle transforme la douleur en relief sensible. 
Le temps, là, cesse d’avancer droit. Il s’enroule. Il ne passe plus : il palpite. Ce qui a été n’est plus avant, il est autrement. La présence gagne en profondeur. Le regard devient écoute. Les tiroirs restent entrouverts, laissant passer une odeur, une lumière oblique, un détail sans histoire mais chargé de sensation.

À cet endroit, la pensée ne cherche plus à conclure. Elle apprend à demeurer. Il change de forme. Il cesse d’être événement pour devenir climat intérieur, tonalité de fond, quelque chose qui accompagne sans peser. La mémoire ne parle pas.
La mémoire ne parle pas. Elle effleure.  Elle ajuste les intensités, déplace la lumière, fait vibrer un point , la nuque, la poitrine, un sourire discret . Elle ne dit jamais voici le passé, mais voici comment cela continue de toucher. Elle apparaît lorsque le regard cesse de vouloir saisir, lorsque le corps accepte de ne pas savoir, lorsque la phrase reste ouverte. Elle se pose, présence calme, stable, une proximité sans contact, une certitude douce sans qu’il soit nécessaire de parler,

Vient alors un glissement. On ne cherche plus à comprendre, mais à accueillir. Non pas effacer, ni refermer, mais laisser être ce qui demeure sans l’exposer. La mémoire n’est plus un lieu où l’on prélève ; elle devient un espace où l’on habite. 
Une voix y circule, basse, presque corporelle. Elle n’ordonne rien. Elle n’explique rien. Elle se tient juste là, assez proche pour accompagner, assez distante pour laisser libre. 

Malvan

Ce temps n’a pas besoin de nom. Il s’est formé dans le geste même de la recherche : chercher sans prendre, écrire sans fermer, ouvrir sans forcer. Rien n’a disparu. Rien n’a été récupéré. Tout a été déplacé, 
Les compartiments de l’esprit cessent alors d’être des cachettes. Ils deviennent des seuils : On peut s’y arrêter un instant, reconnaître une texture ancienne, une vibration douce, puis repartir sans se retourner. Le passé ne retient plus : il approfondit. Il n’exige ni fidélité ni répétition, 

Et dans cet équilibre fragile, vibre non pas une histoire refermée, mais une existence rendue plus libre, plus disponible au monde qui continue,



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