Ce qui passe
Ce qui passe
Entre les coteaux, là où la terre descend lentement vers le gave, la pente reste douce, régulière, souple. En bas, l’eau circule, claire, encore froide. Elle glisse entre les galets, les use. L’air devient plus humide. On n’écoute pas vraiment le gave : il est là, en fond, continu, qui accompagne,
La lumière caresse les arbres, flirte, découpe, disparaît. Le regard s’habitue, les contrastes s’effacent. Une odeur d’herbe coupée monte d’une parcelle proche, dense, sucrée. Elle s’installe. Je ralentis, puis je m’arrête. Je reste là ,,, quelques minutes, peut être plus. Le corps se pose. Le souffle descend. Il n’y a rien à chercher, rien à ajouter. Juste être là,
L’ombre est plus fraîche. Le sol change, plus souple, parfois irrégulier. Les sentiers repartent sous les arbres. Il faut ajuster le regard. Chaque virage ouvre brièvement, puis referme. Rouler ici ne consiste pas à aller quelque part. C’est s'inviter. Une idée vient, et passe. Elle ne s’impose pas. Elle circule comme le reste. C’est laisser venir, sans retenir.
Je repars. Le mouvement reprend sans effort. Le paysage ne change pas vraiment, mais il ne se répète pas. Il se transforme , je suis là, sans chercher.
Le reste peut attendre.


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