15 août 2026

C'est UN MATIN?


Ce quelque chose qui traverse sans explication.

Douceur d'un matin qui s'ouvre entre les mains. 



Sourire immortel, dans cette nuit bordée de mille yeux scintillants où le vent s’invite, et nous, ici, posés sur ces quelques derniers instants couverts d’éternité,,, Inlassable reproduction qui n’apaise pas son mystère, évidente révélation de ce qui demeure lorsque tout semble s’effacer,

Aujourd’hui, hier, s'effondrent les certitudes dans des résonances abîmées. Ne plus savoir où commence aujourd’hui, où finit hier, ni lequel des deux regarde encore l'autre. Alors aujourd’hui, oui, aujourd’hui, tu demandes quoi ? ,,, Nous sommes là, dans le silence, puisque le ciel a décidé de nous envelopper,

Je sors. Je reste sur le seuil. Je pourrais rentrer, fermer la porte, attendre que cela passe. Mais qu’est-ce qui doit passer ? La pluie ? Le temps ? Une pensée ? Moi ? je reste, il pleut,

La pluie frappe. Qu’il pleuve. Qu’il pleuve longtemps. Je n’ai aucune envie de me mettre à l’abri. De quoi faudrait-il se protéger ? De l’eau qui tombe ? De ce que l’on ressent ? De ce qui revient ? De ce qui pourrait encore arriver ? Je laisse l’eau couler. Elle traverse. Peut-être est-ce cela que je cherche : quelque chose qui puisse traverser sans explication,

Ne plus chercher. Tout se mêle dans cette pluie. Je veux la sentir jusqu’au bout, jusqu’au bout de tout ce qui m’empêche encore d’aller vers ce qui vient. Je fais un pas. Le monde est là. Devant,

Je pourrais rentrer. Le monde est là, sur mes lèvres, ce goût étrange. Je porte la main à ma bouche. Une perle rouge. Ce sang sur la bouche… J’ai pas su. Pas compris. Je me regarde, et pendant un instant je ne sais plus ce qui appartient au présent, ce qui remonte du passé, ni pourquoi le corps semble parfois savoir avant nous ce que je refuse encore de reconnaître,

La pluie continue. Le ciel aussi. Et quelque part, derrière les nuages, le jour commence peut-être à se lever. C'est un matin, peut-être que je n’avais jamais compris, penché sur son sourire,,,



Quelqu'un qui a vécu un dernier baiser peut y voir un dernier baiser.
Quelqu'un qui a perdu quelqu'un peut y voir les derniers instants d'une présence.
Quelqu'un qui s'est séparé peut y reconnaître une rupture.
Et quelqu'un qui n'a rien vécu de tout cela peut simplement y voir un être qui accepte enfin de laisser le temps le traverser.

« Je ne sais plus. »

Le « je » devient alors une conscience parmi d'autres, confrontée à quelque chose que personne ne maîtrise : le temps, la perte, la mémoire, le désir de comprendre.

Le lecteur peut entrer dans ce « je ».e texte ne raconte finalement ni la pluie, ni une rencontre, ni même une séparation.

Il parle de l'instant où une conscience comprend qu'elle ne maîtrise pas le temps.

Et peut-être davantage encore :

ce qui nous traverse n'a pas toujours besoin d'être compris pour être vrai.

Le corps garde parfois ce que la pensée voudrait effacer.

Le présent contient parfois le passé.

Une fin peut contenir un commencement.

Quelques instants peuvent contenir une éternité.

Et un sourire peut rester vivant alors même que celui qui le portait appartient peut-être déjà à un autre temps.


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