12 février 2026

FUNAMBULES

L’Heure des Funambules,,, 

Turhan Nacar 

Le rideau se lève, un pas de souffle,,,

Sur un fil tendu entre ciel et terre, ils avancent, reculent, hésitent. Le vent effleure leurs visages, les projecteurs sculptent leurs ombres sur le sol, et chaque pas devient une éternité. Comme nous dans la vie, ils oscillent entre peur et désir, certitudes et incertitudes, suspendus dans ce vertige effrayant de beauté,

Un pas possible, 

Chaque geste se fait respiration, chaque souffle devient un rythme secret.  Le fil tremble sous leurs pieds, comme nos existences sous nos choix, et la marche continue, obstinée, silencieuse, magnifique dans sa fragilité. Chaque pas posé, devient triomphe discret,

Un pas posé,

Le public retient son souffle. Nous retenons le nôtre. La lumière glisse sur leurs épaules, effleure leurs doigts, se plie à leurs gestes. Le rire et les applaudissements n’effacent rien : le miracle est invisible, il se trouve dans la tension, dans la suspension, dans ce fil qui relie l’instant à l’éternité, le sol au ciel, le funambule à lui-même,

Un pas choisi,

Et marcher, vaciller, parfois glisser, parfois tomber, c’est apprendre que l’équilibre n’est pas un point fixe : il est souffle, vertige accepté, confiance dans l’air. Chaque pas devient monde, chaque respiration, un acte de beauté, chaque oscillation, un miracle suspendu,

Un pas tranquille,

La vie, comme le funambule, avance dans l’incertain, tremble dans la lumière, s’émerveille dans l’ombre, et se fait miraculeuse à chaque instant où nous osons poser le pied, faire le pas,

Un pas glissé,

Medvedev

Le temps s’étire, s’enroule, s’alourdit comme une toile humide que l’on déplie lentement. Deux acrobates apparaissent, leurs corps marqués par l’effort, par la sueur, par la lumière chaude des projecteurs. Ils avancent l’un vers l’autre avec la lenteur de ceux qui découvrent un territoire inconnu,

Un pas facile,

Deux présences qui se frôlent comme deux continents dérivant l’un vers l’autre. Leurs gestes dessinent des cartes invisibles, des lignes de forces, des reliefs de peau et de souffle. Et une question flotte dans l’air du chapiteau, suspendue comme un trapèze immobile : et si nos corps n’étaient pas des limites, mais des territoires à parcourir ?,

Un pas devant,

Les acrobates tournent, s’entrelacent, s’équilibrent. Chaque mouvement semble effacer une frontière. La piste devient un paysage, leurs corps des chemins, leurs respirations une même marée. Peu à peu, leurs gestes cessent d’être deux histoires séparées. Ils deviennent une seule pulsation, un même rythme, la gravité elle-même accepte de les porter ensemble,

Un pas certain,

Le public assiste à une métamorphose silencieuse : deux êtres qui cessent d’être des contours pour devenir un mouvement commun, une géographie partagée, souffle unique sous la toile des regards,

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