11 février 2026

PARFUM

 Expressions parfumées d'un souvenir méditerranéen, de Jean Claude Ellena , HERMES

La capture d'un parfum réveille en moi une promenade dans un "jardin" secret des hauteurs du Malvan, un de ces lieux qui se découvre lentement, un sentier à gravir,  et ces collines ne sont que prétexte afin d'éprouver la fragilité du pas et la justesse des silences. Pour respirer.

Ephémère fragrance

Un parfum peut-il créer un monde ? 

Je ne sais plus si ce lieu a jamais existé, si je l’ai traversé seul, ni si la rose sauvage y tremblait d’une pudeur aussi vive. Peut-être n’a-t-il été planté que pour cet instant, dans l’entre-deux du souvenir et du désir.

Les parfums s’entrelacent, se répondent, se détachent et reviennent, porteurs d’une musique silencieuse, fragile, hypnotique, la nuit anticipe, l'air frissonne. Le soleil, bas sur l’horizon, étire les ombres, elles ondulent sur le sol comme une mer immobile. Les pas deviennent respiration, chaque souffle s’accorde à ce rythme ancien.

Une rose dans l’ombre, délicate, timide, presque invisible, une note de bois chaud traverse l’air, étrangère et familière à la fois, s’installant sur la peau, mémoire ancienne. Partition secrète, silencieuse.

Les sentiers se déplacent sous le pas, la nuit avance, lente, silencieuse, pleine de présence, enveloppant chaque pierre, chaque arbre, chaque senteur,,,

Marcher devient écoute, sensation, perception et émerveillement, laisser la lumière s'échapper et le parfum s’élever, comprendre que ce lieu n’a pas été créé pour durer.

Je ne sais plus si ce moment a existé, si je l’ai traversé seul, ni si la rose sauvage ,,,  je ne sais plus quand ce parfum a suffi à faire naître un monde, entier.


Le santal vient des terres chaudes : Il naît dans les sols secs d’Asie et d’Australie, là où l’air porte la poussière dorée et les parfums de résine. L’arbre pousse lentement, ses racines cherchant la vie auprès d’autres plantes, souffle discret d'une forêt.

Son cœur, lui, s’imprègne de temps. Année après année, le bois s’alourdit d’une chaleur douce, d’une odeur crémeuse et profonde. Le parfum ne vient pas des feuilles ni des fleurs, mais du centre même de l’arbre, là où la vie se concentre et s’apaise.

En Inde, on l’appelle chandana, le bois sacré. On le réduit en pâte pour les temples, on le brûle pour les prières, on le dépose sur la peau comme une bénédiction fraîche et parfumée. 

Le santal n’est pas un parfum qui séduit. C’est un parfum qui demeure. Un bois chaud, une présence calme, une mémoire ancienne qui traverse les siècles et les continents, toujours liée à la paix, au sacré et à la chaleur du vivant.

alors quelques plantes qui pourraient se rencontrer...

   Rosa canina , L'Eglantier au 5 délicats pétales et aux longues étamines, solitaires ou réunies en corymbes. On reconnaît aussi l’églantier à ses fameux fruits : les cynorhodons

Cistus ladanifer, la cyste à l'odeur résineuse, chaude, ambrée. Très utilisé en parfumerie pour remplacer ou soutenir le santal dans les accords boisés orientaux.

Helichrysum italicum, herbe à curry, immortelle et son odeur chaude, sèche, légèrement boisée et miellée. Donne parfois une impression de fond proche de certains bois doux.

Salvia apiana, sauge blanche a un parfum sec, boisé, légèrement lactonique. Sensation proche du santal dans certains contextes, surtout en brûlage.

Lentisque ,Pistacia lentiscus dégage une odeur résineuse, chaude et boisée
Myrte des marais (Myrica gale) Feuillage parfumé, utilisé traditionnellement pour ses senteurs boisées et résineuses.

Armoise citronnelle (Artemisia abrotanum) Feuillage très parfumé, historiquement utilisé comme désodorisant. Odeur chaude, sèche, un peu résineuse.



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