05 février 2026

DES RIVES SALEES

 TDAH & le fait de couper la parole

Quand la parole arrive avant la fin des phrases, est-ce impolitesse ou marée trop haute ?

Regards

Des rives salées Régime de courant, temporalité intérieure, manière de naviguer dans le réel. L’esprit a déjà quitté le port. Il perçoit des courants, devine des caps, tandis que le monde parle encore. Plusieurs routes se superposent. Tangage dans le réel.

 Naufragé Les pensées surgissent trop tôt, embarcations légères, translucides. Elles glissent avant qu’on puisse les amarrer. Il faut manœuvrer sans couper la route, sans chavirer l’idée. La phrase tranche par crainte de naufrage. Naufragé, parfois, au milieu de ce flux trop vaste. L’esprit navigue en parallèle : plusieurs caps à la fois, plusieurs vérités simultanées. Le silence prolongé coûte ; retenir une idée, c’est déjà la voir se dissoudre. Alors, vite, quelques bouées : mots posés, gestes discrets, corps en équilibre. Des repères flottants.
Penser vite n’est pas courir. La conversation devient navigation à vue : chacun ajuste sa voile, accepte les remous, promet de revenir après la vague de l’autre. Mieux vaut relâche que digue trop haute. Avancer par houle douce, oscillations, dérive contrôlée. Parfois, un croche-pied : la pensée file devant, non par impatience, mais pour rester vivante. Elle sait que la mer change, que le courant décide si aucune trace n’est laissée. Alors on continue, sans carte définitive, avec cette attention flottante qui empêche le voyage de se rompre et permet à la parole de rester à flot dans un monde instable.
David M.Kessler









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