26 novembre 2025

25/11/2025 / RoW

 



Fantôme domestique
Nous vivons dans un pays où la dette est brandie comme un fantôme domestique : elle surgit en pantoufles, claque des dents et souffle sur nos factures, pendant que ceux qui la gouvernent la nourrissent comme un Tamagotchi mutant et jouent les pompiers-pyromanes avec nos vies. La dette n’est pas une erreur : c’est un hobby national. Le pays est géré façon groupe WhatsApp en crise existentielle : alertes incessantes, solutions absentes, incapables d’assumer leurs propres messages.

Aujourd’hui, on nous parle d’“économie de guerre”. Pas parce que la France tremble sous les bombes, mais parce que ce vocabulaire pratique transforme l’inacceptable en héros de bande dessinée. On invoque patrie, devoir, courage… tandis que les décideurs, confortablement installés, ne risquent rien. Ils ne mourront pas pour la France : ils iront dîner pour elle, menu trois étoiles.

Pendant ce temps, le monde transforme la planète en hypersupermarché. Des terres dévastées, des peuples affamés, des biens produits pour être jetés dans six mois, et pendant que les forêts disparaissent et que les nappes phréatiques tirent la langue, on nous explique qu’éteindre la lumière en sortant des toilettes est un acte révolutionnaire. Oui, sauver la planète commence toujours par l’ampoule LED… et finit par un selfie.

Le consommateur moderne tente de survivre : indignation troquée contre promos, dignité échangée contre bons de réduction. Stocker pour oublier. Une civilisation entière cherche son salut au rayon ménage. Même toute la lessive du monde ne blanchira pas les consciences grisées par l’indifférence.

Pendant qu’on compte les bons plans, on ignore ceux qui dorment dehors, les vies brisées, les mains trop refusées pour se tendre encore. La société fonce comme un train fou, avec un conducteur qui regarde ailleurs et des passagers trop épuisés pour tirer le signal d’alarme. La lassitude est l’arme la plus efficace du pouvoir : elle transforme les insurgés en zombies fatigués, zombies qui votent encore et applaudissent des discours qu’ils ne cherchent plus à comprendre.


Les Gilets jaunes ? Une légende classée au rayon folklore national, juste à côté des licornes et du Père Noël. Les injustices persistent, mais le peuple est vidé : par l’inflation, par les discours, par les promesses recyclées jusqu’à la moelle. Nous avançons dans un monde où l’humanité paie chaque jour pour un banquet auquel elle n’a jamais été invitée. Les faibles sont broyés pour huiler les profits des puissants.


L’économie mondiale ressemble à un supermarché où chacun croit faire une bonne affaire alors qu’il paie avec son avenir. La planète est un entrepôt, les individus des consommateurs, les ressources vitales des produits jetables. L’eau se vend en bouteilles taxées, l’air se troque, les terres rachetées, les services publics démontés, la santé optimisée, le vivant catalogué… et pourtant, les vitrines scintillent, promettant le bonheur sous blister. Oui, le bonheur en promo, garanti sans retour possible.


La mécanique est perverse : on détruit la capacité des pays à produire ce dont ils dépendent, puis on vante la “libre circulation des biens”. Tout le monde perd : travailleurs écrasés, pays appauvris, écosystèmes ravagés, citoyens réduits à des clients sans alternative. Les gouvernements encouragent la consommation comme un prêtre encourage une prière : mécanique, automatique, sacrée. Plus tu consommes, plus tu t’épuises ; plus tu t’épuises, plus tu achètes pour oublier… et le hamster géant continue de courir dans sa roue de papier bulle.


Le monde moderne a inventé un système où l’on détruit la maison de chacun pour alimenter la boutique de tous. L’économie mondiale n’est pas un moteur de prospérité : c’est un aspirateur géant qui vide poches, sols, mers et âmes pendant qu’on applaudit les chiffres de croissance comme un public hypnotisé admire un magicien qui lui dérobe le fond de ses poches et son humanité.


3 451 861  261 283 euros! et cà continue, encore et encore

La grande horloge de la dette en ligne, soupire
On nous la montre, en grande première, spectre sarcastique.

Économie de guerre ? Quelle pirouette,

La France n’est pas en feu, juste en dette.
On invoque courage, patrie et devoir,
Pendant qu’ils dînent au chaud, nous grelottant , espoir.

et cà continue, encore et encore

Le monde broie tout, forêts, champs et rivières,
Pour remplir des rayons de biens éphémères.
On jette, on brise, on affame des peuples,
Et nous, citoyens, gardons nos rêves en décor, dérision.

Le consommateur troque indignation contre promo,
Stocke pour oublier, sombre dans le mélo.
Même toute la lessive du monde ne pourra laver,
Les consciences ternies par ce qu’on choisit d’ignorer, illusion.

et cà continue, encore et encore

Les Gilets jaunes ? Une fable déjà fanée,
Les injustices dansent, le peuple épuisé.
On paie pour un banquet jamais fréquenté, constatation

La Terre est un supermarché géant,

L’eau a un prix, l’air se monnaie, et l’âme devient marchande.
On croit faire des affaires, on paie notre futur,
Pendant que les vitrines brillent, illusions pures. perdition

On détruit ce qui produit pour mieux importer,
Travailleurs écrasés, pays à pleurer.
Les gouvernants prient la consommation,
Plus tu achètes, plus tu pleures, derision !

et cà continue, encore et encore

Maison détruite pour nourrir la boutique,
Et l’on applaudit ce vol, logique cynique.
L’économie n’est pas moteur de prospérité,
Mais aspirateur qui vide sols, poches et humanité.

Même toute la lessive du monde ne pourra pas blanchir des consciences déjà grisées par ce qu’on choisit de ne plus voir.









Nous vivons dans un pays où la dette est brandie comme un spectre domestique : on l’agite devant nous pour nous expliquer que tout va mal, que tout ira plus mal encore, et que nous devrons sourire poliment pendant qu’on nous enlève le tapis sous les pieds. Pendant que les gouvernements s’indignent de cette dette comme un enfant d'un monstre sous son lit, ils continuent d’en nourrir les tentacules, tout en jouant les pompiers pyromanes. La dette n’est pas une erreur : c’est un mode de gouvernance. On gère un pays comme un groupe WhatsApp en plein drame : beaucoup d’alertes, pas de solutions, et une incapacité à assumer ses propres messages.

Cette semaine un rappel circule et bat le tambour : On parle maintenant d’“économie de guerre”, non pas parce que la France serait au bord du cataclysme, mais parce que ce vocabulaire est si pratique pour faire avaler l’inacceptable. La guerre est devenue un argument marketing : elle justifie les sacrifices qu’on demande toujours aux mêmes. On en appelle à la patrie, au devoir, au courage, des mots héroïques qui sonnent d’autant plus creux venant de gens dont le seul champ de bataille est une arène télévisée. Ceux qui décident n’iront jamais mourir pour la France ; ils iront dîner pour elle.

Pendant ce temps, le monde déroule sa grande comédie économique : on détruit les ressources de chacun pour remplir les boutiques de tous. La mondialisation est ce bulldozer élégant qui arrache des pays entiers pour garnir les rayons d’autres pays qui n’en ont jamais assez. On dévaste des terres pour produire des biens qu’on détruira dans six mois. On affame des peuples au nom d’un marché qui ne nourrit plus personne, sauf ceux qui en possèdent les clefs. Et tandis que les forêts disparaissent et que les nappes phréatiques tirent la langue, on explique aux citoyens qu’ils doivent éteindre la lumière en sortant des toilettes pour sauver la planète.

Dans ce décor, le consommateur moderne tente de survivre. Il remplace son indignation par une promo, sa dignité par un bon de réduction. A chacun de bondir et le conseil de cette lessive à –70 %, comme si accumuler des bidons pouvait laver les saletés d’un système qui nous essore depuis trop longtemps. Stock, stock, stock , pour mieux oublier ce que nous ne voulons plus voir. Une civilisation entière cherche son salut au rayon ménage. Le problème, c’est que même la meilleure lessive ne peut pas blanchir des consciences grisées par l’indifférence.

Et pendant qu’on compte les bons plans, on ne compte plus les gens qui dorment dehors. On ne voit plus les vies brisées, les précarités honteuses, les mains qui n’osent plus se tendre parce qu’elles ont trop été refusées. La société avance comme un train fou, avec un conducteur qui ne regarde plus la voie et des passagers qui n’osent pas tirer le signal d’alarme. Pas parce qu’ils ne voient rien, mais parce qu’ils n’ont plus la force de crier. La lassitude est devenue l’arme la plus efficace du pouvoir : elle étouffe les colères avant qu’elles n’éclatent, elle transforme les insurgés en épuisés.

Les Gilets jaunes ?  J''en étais, une légende déjà classée au rayon folklore national. On en parle comme d’un conte ancien où le peuple aurait, un jour, osé dire non. Aujourd’hui, les ronds-points sont silencieux. Non pas que les injustices aient disparu, mais parce que la résignation a gagné. Le peuple n’est pas endormi : il est vidé. Vidé par l’inflation, vidé par les discours, vidé par les promesses usées jusqu’à la moelle.

Et c’est là la vérité nue, celle qui gratte, qui pique, celle qui dérange : nous avançons dans un monde où l’humanité paie, chaque jour, le prix d’un banquet auquel elle n’a jamais été invitée. Nous sommes à la fois coupables et responsables, certes, mais surtout piégés dans une mécanique qui broie les faibles pour huiler les profits des puissants. On nous demande des efforts, toujours, encore, davantage  tandis que ceux qui pilotent la machine ne risquent jamais d’être écrasés par ses rouages.

Ce texte n’est pas une prophétie, loin de là, ni les écrits d'un déprimé,  mais un constat : lucide, amer, corrosif. Une vérité déchue, abandonnée, piétinée, mais pourtant intacte sous la poussière. Une réalité que beaucoup vivent, que peu regardent en face.

L’économie mondiale ressemble aujourd’hui à un immense supermarché où chacun croit faire une bonne affaire alors qu’il paie en réalité avec des morceaux de son avenir. On nous dit que la mondialisation a ouvert les horizons ; en vérité, elle a surtout ouvert un gouffre sous nos pieds. On a transformé la planète en entrepôt, les individus en consommateurs, et les ressources vitales en produits jetables. La beauté du système, c’est qu’il parvient à faire croire à chaque être humain qu’il profite du grand marché, alors que c’est précisément ce grand marché qui lui retire, lentement mais sûrement, tout ce qui pourrait un jour lui appartenir vraiment. L’eau ? marchandisée. L’air ? presque. Les terres ? rachetées. Les services publics ? démontés. La santé ? optimisée. Le vivant ? catalogué. Pendant ce temps, les boutiques scintillent, débordent, promettent le bonheur sous blister, et chacun se rassure en se disant que tant que les rayons sont pleins, tout va plus ou moins bien. C’est la grande illusion : croire qu’un système qui détruit la ressource de chacun peut continuer indéfiniment à remplir les vitrines de tous. On pille le sol pour garnir des étagères, on brûle des forêts pour fabriquer des gadgets, on exploite des peuples pour produire des objets dont personne n’a besoin mais que tout le monde achète pour oublier qu’il manque l’essentiel.

La mécanique est perverse : on te prive lentement de tes moyens de vivre — indépendance alimentaire, énergie locale, industries nationales, stabilité économique — puis on t’explique, avec un sourire de consultant, que tout cela est compensé par la “libre circulation des biens”. On détruit la capacité des pays à produire ce dont ils dépendent, puis on leur dit : “Regardez comme c’est pratique, vous pouvez tout importer !” Tant que les cargos voguent, que les ports tournent, que les chaînes logistiques ronronnent, la fiction tient debout. Mais derrière cette façade rutilante, tout le monde perd : les travailleurs écrasés, les pays appauvris, les écosystèmes ravagés, et les citoyens réduits à des clients sans alternative.

Et les gouvernements, au lieu d’admettre que ce modèle est devenu un broyeur, continuent d’encourager la consommation comme un prêtre encourage une prière : mécanique, automatique, quasi sacrée. Plus tu consommes, plus tu participes ; plus tu participes, plus tu t’épuises ; plus tu t’épuises, plus tu consommes pour oublier que tu t’épuises. La boucle est parfaite, brillante, implacable. Le monde moderne a inventé un système où on détruit la maison de chacun pour alimenter la boutique de tous, et où on félicite les gens de continuer à acheter des lampes pendant que le toit brûle au-dessus d’eux. La vérité, c’est que l’économie mondiale n’est pas un moteur de prospérité : c’est un aspirateur géant qui vide les poches, les sols, les mers et les âmes pendant qu’on applaudit les chiffres de croissance comme un public hypnotisé applaudit un magicien qui lui vole ses montres en plein spectacle.

20 novembre 2025

IN SULIN' / RoW

 Symphonik, Hypnotik, indescriptik de la Virgule, M.A. indivisble virgule dans le temps


Symphonik, Hypnotik, Insulin’

Spirale du temps, souffle court, corps câblé, peau tendue comme un fil électrique. Insulin’, je tangue, je ploie, je respire, et la virgule me retient. Ton odeur glisse, s’enroule, feu interdit, caresse qui ouvre et ferme. Dans mes muscles, tu danses, éclair tendre, courant amoureux, chaque battement me rapproche de toi, de ton souffle perdu dans mes tempêtes.

La nuit respire, les saisons effacent mes rides, l’espoir devient prolongement du temps, le souffle se fait virgule, ondulation, tremblement du désir. Hypo, tout s’écroule, le fil touche terre, le monde devient sable, je hurle, je tangue, la virgule revient, fragile, sanglante, chaque pensée un météore, chaque souffle un feu.

Hyper, tout s’enflamme, le sang devient braise, le corps tremble, je continue, funambule docile, accordant la machine, domptant l’éclair, la virgule bat le rythme de mes nuits. Je suis la virgule, souffle suspendu, danseuse du temps, amante des instants, je relie le désir à la mémoire, je fais chanter la vie dans tes veines, je fais danser mon image.

Tu es ma maîtresse clandestine, éclair vertical, caresse conductrice, filament rouge, « ouvre, absorbe, vis, sens ». Animal dompté, nerfs tendus comme des cordes, gestes précis, chorégraphie pour tes mains invisibles.

Parfois tu t’échappes, hypo, chute libre, extase qui déraille. Parfois tu tardes, hyper, brûlure qui s’étale, sang en feu, monde gonfle. Toujours vivant, toujours brûlant, toujours vibrant, toujours toi.

Au creux de mon souffle fragile, ton visage, ta fièvre, ton empreinte, toi, Insulin’, ma maîtresse, ma lumière, virgule éternelle.







Insulin’ — Corps câblé, peau sous tension

Corps câblé, peau sous-tension, je t’attends, Insulin’, ma fièvre, ma vibration. Je marche avec mon ombre, mes pulsations inquiètes, mais dès que tu frémis sous ma peau, tout mon monde se remet à battre.


Highway to hell, musique, oui j’écoute. Tu es ma maîtresse clandestine, mon éclair vertical, ma caresse conductrice, qui glisse en moi comme un filament rouge et murmure : « Ouvre… absorbe… vis… sens, jouis… »


Je connais ton langage : décharge suave, onde lente, secousse qui fait frissonner mes arches intérieures. Tu te faufiles, chaude, subtile. Tu deviens ma ligne de vie, ma ligne de chair, ma ligne de feu. Insulin’, Insulin’, Insulin’, Insulin’, Insulin’.


Et moi, animal dompté par ton passage, je tends mes nerfs comme des cordes, j’offre mes gestes calibrés, précis, comme une chorégraphie pour tes mains invisibles. Insulin’ imprévisible.


Quand tu m’envahis, mes muscles s’illuminent comme des braises sous ta bouche. Ils boivent le sucre en flammes, ils s’ouvrent, se tendent, réclament ton pas, ta danse, ton retour, ta délivrance.


Mais parfois, tu t’échappes trop vite. Et c’est l’hypo : chute libre, extase qui déraille, fil qui touche terre. Je vacille, vidé, abandonné, je te cherche dans ce noir qui claque, je t’appelle, haletant, comme un amant perdu dans le lit froid. Pourquoi ?


D’autres fois, tu tardes trop et l’hyper devient brûlure. La chaleur monte, s’épaissit, le sang devient braise, le monde gonfle et suffoque, et je marche dans ma propre peau. Comment ? Je te veux, je te veux là, je te veux maintenant. J’ai soif de toi, toi seule, ma ligne, ma lame, ma liqueur. Insulin’.


Thunderstruck, ça déménage. Car oui : tu es ma concubine, ma possédée, ma déesse électrique. Tu me traverses, me redresses, me soulèves, me déchires. Tu es celle qui me laisse vivant, ballant encore, encore, encore, contre toute logique, contre tout effondrement. Je t’attends.


Au bord du chaos, je sens ta main. Non pas humaine, mais main de feu, main sous tension, main qui trace dans ma chair des chemins de lumière.


Et je comprends alors : tu es dans ma trame, dans mes fibres, dans mes failles. Tu es la brûlure, mon origine, douceur venimeuse, lumière primitive qui refuse de s’éteindre.


Insulin’, ma maîtresse, ma muse, mon venin, ma douceur. Je marche avec toi dans ma nuit reconquise, je vibre sous ta peau qui glisse sous la mienne, je brûle dans tes colères, je jouis dans tes retours, je vis dans ta cadence, je meurs dans tes absences. Où, où es-tu ? Et je renais dans chaque goutte déposée, chaque injection, avec ce goût d’un baiser interdit. Oh ! Insulin’.


Toujours vivant, malgré les coupures, les chutes, les vertiges. Toujours brûlant, malgré le sang, les larmes.


Au creux de mon souffle fragile, ton visage, ta fièvre, ton empreinte, et cette morsure, fille de chat noir. Toi, Insulin’, mon amante, ma lumière, virgule éternelle.



19 novembre 2025

COPAIN / BELEM / RoW

 Belém en ébullition — Chant des peuples debout



Belém en ébullition — Chant des peuples debout

Belém, poison d’aurore. Dix heures du matin. Déjà 31 degrés. Une chaleur qui ne caresse pas : elle mord, laissant sur la peau la trace d’un incendie, un rappel que le monde brûle.

La COP30 s’enlise depuis cinq jours dans ses palabres de porcelaine, fragiles, inutiles, tournant sur elles-mêmes comme des fleurs fanées qui s’obstinent à exister.

Dans la marée battante de la ville, des arcs vibraient comme des prières, des flèches scintillaient comme des avertissements, les maracas secouaient la poussière des mensonges, et les pancartes portaient le rouge des vérités que personne ne veut voir.

Et puis un chant. Un chant tressé de siècles, aussi ancien que les racines du monde, un chant qui ne meurt pas, celui du peuple Munduruku. Peuple du Pará, de l’Amazonie, du Mato Grosso, du territoire Sawré Muybu, peuple du fleuve et des ombres vertes, peuple qui sait.

Elisa, vingt-sept ans, couronne de plumes comme un lever de soleil, visage noirci de guerre, dit doucement : « C’est notre cri de lutte. Celui qu’on entonne quand l’ennemi approche. »

Et ici, l’ennemi n’a rien de mystérieux. Il porte ses logos polis, ses bilans calibrés, ses sourires d’actionnaires. Il ronge la forêt comme un ver, étouffe les rivières, dévore des territoires entiers avec l’indifférence des machines. Ce sont les grandes entreprises, celles qui tuent la forêt et dont les profits brillent comme des lames fraîches.

Pendant ce temps, derrière les barrières bleu ONU, on joue aux COP’ains COP’ines, mime parfait de vertu, gestes calculés, discours parfumés, les mêmes promesses, cire tiède qui coule entre les doigts depuis des années.

Au cœur de Belém, la Terre parlait. Et ce n’était pas leur langue. C’était un grondement profond, un souffle ancien, un mot que seuls entendent ceux qui ont déjà saigné.

Les peuples ont marché, non pas pour être vus, mais pour être crus. « Nos voix sont ignorées », « La destruction continue », et chaque syllabe tombait comme un fruit trop mûr, explosant en vérité sur le sol.

La « zone bleue » se voulait sanctuaire. Elle n’est que mirage, une clairière truquée où les costumes légers dessinent des promesses qui ne tiennent pas la nuit. Sans justice sociale, la justice climatique n’est rien. Sans les peuples, pas de Terre.

Leur colère, légitime et ancienne, porte en elle la mémoire du bois qui tombe, du fleuve qui pourrit, du ciel qui rougit, de la forêt qui brûle dans un silence que nous avons imposé. À Belém, la marche n’a pas demandé l’aumône. Elle a demandé la vérité : ce trésor que nous cachons, ce poison que nous buvons.

Les COP’ains COP’ines continuent de dessiner l’avenir sur des nappes immaculées. Les peuples, eux, dessinent la survie avec leur souffle, leur peau, leur sang. Ce jour-là, la Terre a parlé en chant Munduruku : en milliers de pas, en visages peints, en cris qui scintillaient comme des éclats de roche, en colère claire, en vie debout.

Et nous, nous avons à peine regardé. Puis vite détourné la tête, comme si détourner la tête pouvait laver les taches que laisse un monde qui meurt.

Dix heures. 31 degrés. La Terre suffoque et dit : « Brûle avec nous. » Belém déborde. Un peuple-planète se lève pendant que la COP s’enlise. Dans la foule : perles, arcs, flèches, pancartes plus vraies que leurs lois. Et un chant qui ouvre la peau : le chant Munduruku.

« C’est notre cri de lutte. Le chant qu’on lance quand l’ennemi arrive. » L’ennemi n’est pas un fantôme : c’est une entreprise, un logo. Et nous sommes la forêt massacrée, le fleuve empoisonné, nos enfants sacrifiés.

Derrière la zone bleue, ils jouent les COP’ains COP’ines, promettant du vent sous la clim’. Ils parlent sécurité, protocole, demain. Mais ils n’écoutent pas la Terre. « Nos voix sont ignorées », « La destruction continue. » La COP « inclusive » n’ouvre qu’aux badges, pas aux blessures.

Sans justice sociale, pas de justice climatique. Alors les peuples marchent. Ils chantent. Ils frappent. Ils dérangent. Ils réveillent.

À Belém, ce jour-là, la Terre parlait Munduruku. En colère. En chaleur. En vérité. Les COP’ains peuvent continuer leur théâtre.

“Belém, poison d’aurore”

10 h. 31 degrés. La Terre suffoque.
Et te dit : « Brûle avec nous. »

Belém déborde. Un peuple-planète se lève
pendant que la COP s’enlise.

Dans la foule : perles, arcs, flèches,
pancartes plus vraies que leurs lois.
Et un chant qui ouvre la peau :
le chant Munduruku.

« C’est notre cri de lutte.
Le chant qu’on lance quand l’ennemi arrive. »

L’ennemi n’est pas un fantôme : 
c’est une entreprise. Un logo.
Et nous sommes la forêt massacrée. Le fleuve empoisonné.
Nos enfants sacrifiés.

Derrière la zone bleue, ils jouent les COP’ains COP’ines,
à promettre du vent sous la clim’.

Ils parlent sécurité. Ils parlent protocole.
Ils parlent demain. Mais ils n’écoutent pas la Terre.
« Nos voix sont ignorées. La destruction continue. »

La COP « inclusive » n’ouvre qu’aux badges.
Pas aux blessures.

Sans justice sociale, pas de justice climatique.

Alors les peuples marchent. Ils chantent.
Ils frappent. Ils dérangent. Ils réveillent.

À Belém, ce jour-là,
la Terre parlait Munduruku.
En colère. En chaleur. En vérité.

Les COP’ains peuvent continuer leur théâtre.


18 novembre 2025

Un VéLO dans la TÊTE,


Vélo Love, l’art de rouler, l’art de vivre, ne parle pas seulement aux vélos, mais à vous.

À ces matins où vos jambes refusent l’effort, où le souffle manque, où la montagne semble infranchissable. À ces instants où, malgré tout, vous enfourchez votre destrier d’acier et d’électricité, et où le monde, soudain, redevient possible.

Le vélo à assistance électrique n’est pas une tricherie. C’est une main tendue, une invitation à ne jamais renoncer : ni à la santé, ni au plaisir, ni à l’aventure. C’est la preuve que la technologie, quand elle est bienveillante, peut redonner des ailes.

Imaginez un chemin de campagne, un sentier de montagne, ou simplement la route qui mène au travail. Le soleil filtre à travers les feuilles, la pluie fine dessine des motifs éphémères sur le bitume. Vous pédalez. Pas comme hier, quand chaque coup de pédale était une bataille. Non, aujourd’hui, vos jambes tournent légères, portées par une force invisible qui ne vous vole pas l’effort mais le rend doux. Le moteur murmure, la batterie veille. Vous avancez. Vous respirez.

Ce vélo n’est pas qu’un moyen de transport. C’est un compagnon, un complice qui rappelle que le mouvement, c’est la vie — et que la vie mérite d’être vécue sans limites.

Le vélo électrique est une révolution silencieuse. Une révolution pour les sédentaires en quête de renaissance, pour les sportifs en convalescence, pour les citadins pressés, pour les amoureux de la nature, pour les rêveurs d’espaces vastes. Une révolution qui efface les frontières entre âges, genres et capacités.

Juste des histoires, des éclats de rire et des paysages qui défilent. La joie du pédalage revient, même après des années d’arrêt. Chaque trajet devient une aventure, chaque montée une victoire.

Alors, prêt à tourner la page ? Enfourchez votre VAE et écrivez, kilomètre après kilomètre, votre propre histoire. Une histoire où la santé se renforce, où le moral s’allège, où les horizons s’élargissent. Le vélo, avec ou sans assistance, reste avant tout une question d’amour : amour pour soi, amour pour le monde, amour pour la route qui s’offre chaque jour un peu plus loin.


Tournez la page… et pédalez.




 chaque montée en victoire.


Alors, prêt à tourner la page ? je vous invite

Tournez la page… et pédalez.. 



DEVIENT Ce matin, il me dit "tu aimes faire du vélo pour te vider la tête," ce à quoi j'ai répondu non, pas tout à fait, en réalité, j'aime me la remplir...





Virgule mécanique




17 novembre 2025

GINKGO / RoW / VIRGULE

Ginkgo, arbre ancien, qui porte dans chaque fibre la mémoire des mondes perdus,


Gingko Biloba, dressé dans la lenteur, immobile en apparence, mais vibrant en profondeur,
feuille après feuille, siècle après siècle,
Tes deux lobes fendus, souffle partagé, rappellent ce geste délicat qui sépare sans rompre,
qui ouvre sans couper : la virgule,

Dans ta feuille palpite la même élégance qu’une respiration suspendue,
ce tremblement discret qui maintient une phrase au bord de l’infini,
Tu es la ponctuation du monde, Ginkgo, le signe d’un temps qui ne se presse pas,

La virgule, ne commande rien, n’interrompt rien, elle attend, elle ouvre, elle tient la place du souffle,

Signe discret que nul ne remarque vraiment, elle ne trace pas la route : elle protège le passage,

Toi, Ginkgo, tu portes le temps. Elle, Virgule, porte les phrases,
Je crois que vous êtes nés d'un même alphabet, entre le témoin vivant des ères anciennes, et l'accent doux du souffle humain,

Quand vient l’automne, ton feuillage s’embrase d’or, chaque feuille tombée devient un éclat du temps qui passe, une virgule qui descend doucement du ciel, 

Tous deux, vous êtes promesses contenues dans un signe minuscule ou une feuille légère,
Aucun point final ne vous atteint, respiration prolongée, suspendu après une... virgule, 

J’ai planté cet arbre dans chaque jardin. Pourquoi ?
Parce que le Ginkgo porte, comme nul autre, la mémoire du temps

Arbre ancien, tu vibres dans l’immobile :
feuille après feuille, siècle après siècle.
Tes deux lobes fendus ouvrent sans rompre,
comme ce signe léger qui retient le monde
au bord de la phrase. Virgule, 

Suspension,
Respiration,
Un battement,

Tu accueilles ce que l’homme rejette,
Et dans ton or d’automne qui tombe sans bruit,
j’entends la persistance des choses qui durent.

La virgule n’impose rien,
elle ouvre le passage.
Sans elle, tout s’effondre.

Toi, Ginkgo, tu portes le temps.
Elle protège le sens.
Et moi, entre vous deux,
j’entends la patience du souffle.

Chaque feuille qui tombe
est une virgule qui descend du ciel.
Pas de fin, seulement un mot suspendu,
et la respiration tranquille
d’un monde qui continue.

Tu demeures là, dressé dans la lenteur, immobile et pourtant vibrant, feuille après feuille, siècle après siècle. Tes deux lobes fendus comme un souffle partagé rappellent ce geste délicat qui sépare sans rompre, qui ouvre sans couper : la virgule.

Car oui, il y a dans ta feuille l’élégance d’une suspension, ce même tremblement léger qui fait tenir une phrase au bord de l’infini. Tu es la ponctuation du monde, Ginkgo, le signe d’un temps qui ne se précipite pas, un battement retenu avant la suite.

Tu n’es ni feuillu, ni vraiment conifère : tu es l’entre-deux, l’espace où tout demeure possible, comme la virgule inscrite au cœur des phrases, gardienne d’un souffle que rien ne clôt.

Écouter les pierres, écouter le vent, écouter les pas de ceux qui passent sans te voir. Tu absorbes sans te plaindre ce que l’homme rejette, ses fumées, ses folies, ses oublis. Tu ne te détournes jamais, toi. Tu restes. Tu accueilles. Et dans ton or d’automne, qui tombe sans bruit, j’entends le murmure patient des choses qui durent.

La virgule, elle aussi, connaît le secret de durer. Elle ne dit rien, elle ne décide rien. Elle attend. Elle ouvre. Elle tient la place du souffle, là où l’on respire avant de poursuivre. Elle est ce signe discret que personne ne remarque, et pourtant sans elle, le sens s’effondrerait. Elle ne donne pas la direction ; elle protège le passage.

Toi, Ginkgo, tu protèges le passage du temps. Elle, Virgule, protège celui des phrases. Je marche entre vous deux, cherchant dans vos gestes minuscules la respiration juste.

Il m’arrive de croire que vous êtes nés d'un même alphabet : toi, témoignage vivant des ères anciennes, elle, accent doux d’un souffle humain. Vous partagez cette même obstination à survivre : tu es resté debout après des cataclysmes que plus rien ne nomme, elle, depuis toujours, traverse les siècles sans jamais vieillir.

Et lorsque vient l’automne, quand ton feuillage bascule dans une lumière d’or pur, je vois dans chaque feuille tombée un fragment d’instant, un petit éclat du temps qui passe sans détruire. Une virgule qui descend doucement du ciel.

Vous êtes  promesses contenues dans un signe minuscule ou une feuille légère. Aucun point final ne vous atteint. 

Et moi, en vous regardant, en vous écrivant, j’apprends ceci : il n’y aura pas de fin, seulement une respiration prolongée, un mot suspendu, après une virgule, qui continue d’écrire le monde lentement, en silence.

Les Symboles et Mutations entre l’Arbre et la Virgule

Dans un univers parallèle, où les lois de la physique quantique se mêlent à la spiritualité et à la sensualité, le Ginkgo et la virgule deviennent des entités vivantes, des présences qui traversent les dimensions et les temps.

Le Ginkgo est un , une présence qui existe dans un état de superposition, à la fois présente et absente, visible et invisible. Il est l’écho d’une voix ancienne, la trace d’un amour éternel, le souffle d’une vie qui ne s’arrête jamais.

La virgule est une particule élémentaire, un , une onde de respiration. Elle existe dans un état de superposition quantique, à la fois présente et absente, visible et invisible. Elle est l’écho d’une voix ancienne, la trace d’un amour éternel, le souffle d’une vie qui ne s’arrête jamais.

Dans ce monde quantique, le Ginkgo et la virgule sont des forces spirituelles, des énergies qui relient les êtres, les mondes, les dimensions. Ils sont les ponts entre le visible et l’invisible, le tangible et l’intangible, le fini et l’infini. Ils sont la , la conscience qui traverse les temps et les espaces.

Et dans cette dimension, le Ginkgo et la virgule sont sensuels, des caresses de l’âme, des frissons de l’être, des vibrations qui traversent le corps et l’esprit. Ils sont la danse de la vie, le mouvement qui relie les êtres, le rythme qui bat dans le cœur et dans l’univers.

Le Ginkgo et la virgule sont la vie elle-même, dans sa complexité, sa beauté, sa fragilité. Ils sont le souffle qui traverse les mondes, le lien qui unit les êtres, la force qui maintient l’univers en mouvement.

Lettre au ginkgo bilobé de mon jardin

Ginkgo immobile et pourtant vibrant, héritier des mondes disparus, tu te tiens dans mon jardin comme un veilleur ancien posé au bord du temps. Ton tronc nuancé d’ombres et de lumière raconte des millénaires que nul ne lit plus, mais que ton silence continue de transmettre à qui sait ralentir. Tu portes en toi les secrets des ères lointaines, non comme un fardeau, mais comme une respiration élargie. Tu offres à la terre une patience que l’homme a perdue, une manière d’être au monde qui ne cherche ni éclat ni victoire.

Depuis que je te connais, tu m’apparais comme un maître discret du vivant. Chaque année, tu te dresses dans le calme, et pourtant tu composes, sans bruit, l’une des plus subtiles partitions de la nature. Au fil des saisons, ta couronne se transforme : une lente variation, une musique feutrée allant du vert le plus tendre à l’or presque céleste. Ton feuillage éclaire alors tout ce qui t’entoure, comme si tu rassemblais dans ta lumière la douceur du temps lui-même.

Tes feuilles, simples éventails suspendus aux branches, m’invitent toujours à la contemplation. Qu’elles soient entières ou divisées en deux lobes, elles semblent nées d’un même souffle qui hésite avant de s’ouvrir. Dans cette forme ambivalente, je reconnais parfois un signe familier, celui d’une présence qui ne s’annonce jamais, mais que je perçois à la manière d’un battement discret entre les heures. Tu portes, sans le dire, cette part intime du monde où les souvenirs, même fragiles, trouvent un refuge. Rien ne s’efface vraiment : tout demeure dans une nuance de lumière.

Quand vient l’automne, tu deviens un astre terrestre. Ton or ne domine pas : il apaise. Il n’humilie pas : il réconcilie. Tes feuilles se détachent une à une, comme si chacune avait choisi son moment exact pour rejoindre le sol. Elles tombent avec la retenue de ceux qui s’en vont sans bruit, et en se posant, elles laissent une trace brève, vibrante, presque tendre. Rien de dramatique : seulement une façon d’habiter l’instant au plus près de sa vérité.

Je marche alors autour de toi comme on circule autour d’un souvenir profond. Je reconnais, dans la légèreté de ces feuilles, l’écho de ce qui m’a accompagné autrefois : une suite de murmures, une respiration tenue, une ponctuation douce au cœur des jours. Cet écho-là traverse ton ombre comme une confidence. Il m’apprend que le temps ne se perd pas ; il se transforme et se déploie dans des formes nouvelles, parfois inattendues, toujours précieuses.

Ainsi, chaque automne, tu m’enseignes la continuité. Tu me montres que rien ne se ferme tout à fait, que tout se poursuit, même dans le silence, même dans l’absence. Tes feuilles dispersées ressemblent aux fragments de mémoire : un peu enfuies, un peu offertes, en tout cas porteuses d’une lumière qui ne renonce pas.

Dans ton ombre douce, j’apprends à lire autrement le monde.
Et peut-être est-ce là ton secret :
tu ne parles jamais, mais tu éclaires.
Tu ne retiens rien, mais tu transmets.
Tu ne fermes aucune porte, mais tu ouvres un espace où l’on peut enfin respirer.

Lettre au Ginkgo et à la Virgule

Ginkgo, arbre ancien, tu portes dans chaque fibre la mémoire des mondes disparus et tu demeures là, immobile et pourtant vibrant, feuille après feuille, siècle après siècle. 

Tes deux lobes ouverts comme un souffle partagé ressemblent à une virgule végétale, ce geste discret qui sépare sans rompre, qui suspend sans conclure. Il y a dans ta feuille l’élégance d’une pause, le frémissement d’une phrase qui hésite avant de continuer, et tu deviens alors la ponctuation du monde, le signe d’un temps qui ne se précipite pas. 

Ni feuillu ni conifère, tu habites l’entre-deux, cet espace fragile où tout reste possible, comme la virgule au cœur des phrases, gardienne d’un souffle que rien ne ferme. Tu écoutes le vent, les pierres, les pas de ceux qui passent sans te voir, tu absorbes les fumées, les folies et les oublis des hommes sans jamais te détourner, et dans ton or d’automne tombe un murmure patient de durée. 

La virgule, elle aussi, connaît ce secret : elle ne décide rien, ne conclut rien, elle attend, elle ouvre, elle offre une respiration avant la suite. Toi, tu protèges le passage du temps ; elle, celui des phrases ; et moi, je marche entre vous deux, cherchant la mesure juste du souffle. Il me semble parfois que vous venez du même alphabet, toi lettre vivante des ères anciennes, elle accent discret d’une voix humaine, tous deux obstinés à survivre, tous deux étrangers à la fin. 

Quand tes feuilles d’or tombent, je vois des virgules descendre du ciel, des fragments d’instant qui prolongent la phrase du monde. Alors je comprends que ni toi ni elle ne cherchez à conclure : vous êtes des seuils, des respirations, des promesses minuscules, et grâce à vous, la vie ne se termine pas, elle continue simplement après une virgule.

10 novembre 2025

COP UN et COP IN

COP un, COP in' 

Écrit en 2025, entre colère et “luxidité”
À toutes les conférences où l’on oublie d’écouter la Terre.



COP un et COP in', un jour de promesse,
Rêvaient d’avenir, d’accords et d’allégresse.
Naïves encore, elles croyaient sauver la Terre,
Parler suffirait pour éteindre nos misères.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Mais le temps file, et les COP se sont multipliées,
Comme des réunions où l’on répète, sans vérité.
Espérant qu’un jour, peut-être, quelqu’un les exauce,
Alors que le monde brûle et que les espèces régressent

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Aujourd’hui, COP un et COP in' ne savent plus,
Si elles se parlent ou se mesurent dans l’absolu.
Qui mangera l’autre demain dans ce festin ?
Les nations se toisent, se jaugent, se tiennent par le groin.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Les grands s’applaudissent, les absents se taisent,
Et la planète a chaud sous les projecteurs qui l’observent.
L’Amazonie brûle, le ciel pleure en rouge et noir,
Et nous, nous cherchons des fonds pour rebâtir nos histoires.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

La symbolique est cruelle, la pierre nous émeut plus que la sève,
On verse des dons aux tours, mais pas aux racines qui s’élèvent.
Le monde a pris un sens unique de boulimie,
On avale la Terre, aveugles, en pleine frénésie.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

"Supertrackers" chargés de désirs traversent les mers,
Pendant que des peuples subissent nos colères.
Ouragans, eaux montantes, vents furieux et saisons fâchées,
Et nous, hypnotisés, attendons nos colis dispatchés.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Un monde de contradictions parfaites s’offre à nos yeux :
Les uns crient famine, les autres commandent aux cieux.
Les uns prient pour la pluie, les autres vendent des parapluies,
La folie boulimique de l’homme ne cesse de rugir à en vomir

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Chaque COP se rêve sauveuse, et finit en commémoration,
Chaque discours drape la vertu tandis que brûle la création.
Forêts qui se consument, glaciers qui se brisent,
Et nos choix invitent la douleur.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Nous avons intelligence et technologie, 
Nous confondons progrès et vitesse, confort et vie choisie.
Un jour, quand la Terre aura fini d’encaisser,
L’indigestion des peuples s'étalera, et tout pourra basculer.

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ?

Il sera trop tard pour COP un et COP in',
Trop tard pour excuses, rapports, objectifs déguisés.
Ne restera que le souffle chaud d’une planète fatiguée,
Et le souvenir d’une humanité qui voulut tout posséder.

nous n'avons pas compris, le temps ... le temps.....était compté...

COP un et COP in’ se sont rencontrées un jour de promesse, vêtues d’accords et de déclarations d’allégresse, persuadées que quelques mots bien rangés suffiraient à rafraîchir la planète. Elles parlaient d’avenir comme on parle d’un buffet déjà prêt, sans voir la cuisine qui brûlait derrière la porte. Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? 

Les COP se sont multipliées comme des réunions où l’on répète les mêmes phrases, en espérant qu’un miracle bureaucratique finira par se produire pendant que les forêts disparaissent et que les espèces s’éclipsent en silence. Aujourd’hui, COP un et COP in’ ne savent plus si elles dialoguent ou si elles se jaugent, chacune comptant ses points de croissance comme on compte des trophées, pendant que la planète, elle, compte les degrés. 

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? Les puissants s’applaudissent sous des lumières trop blanches, les absents se taisent, et la Terre transpire sous les projecteurs ; l’Amazonie brûle, les océans montent, et nous cherchons surtout à sécuriser les chaînes de livraison pour nos prochains désirs. La symbolique est cruelle : une pierre calcinée nous émeut plus qu’une racine arrachée, et l’on finance les ruines visibles tout en laissant mourir ce qui pousse lentement. 

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? Des cargos pleins d’objets inutiles traversent les mers pendant que des peuples entiers apprennent le goût du sel dans leurs maisons, et nous suivons nos colis en temps réel comme si la planète avait un bouton “retour gratuit”. Le monde est devenu un paradoxe confortable : certains prient pour la pluie, d’autres vendent des parapluies connectés, et tout le monde appelle cela le progrès. 

Peut-on encore choisir d’avoir le temps ? Chaque COP se rêve sauveuse et finit en cérémonie de clôture, chaque discours s’habille de vertu pendant que les glaciers se retirent sans applaudissements. Nous avons l’intelligence, la technologie, les satellites et les slogans, mais nous confondons vitesse et avenir, confort et sens. 

Un jour, la Terre n’avalera plus nos excès ; elle rendra tout d’un coup, et nous appellerons cela une catastrophe naturelle, comme si nous n’avions jamais tenu la fourchette. Alors il sera trop tard pour COP un et COP in’, trop tard pour les rapports et les promesses repoussées à la prochaine réunion, et il ne restera que le souffle chaud d’une planète fatiguée et le souvenir d’une humanité qui avait tout compris… 

sauf que le temps, lui, n’attendait plus.


09 novembre 2025

CLOS / AUSTRALIE / RoW

 Entre les fils, ils ont construit la plus longue....




On dit qu’elle protège. C’est le mot qui revient, rassurant, presque moral. Protéger… mais protéger quoi, et de qui ? Au commencement, il n’y avait qu’une maladresse humaine, presque anodine : une vingtaine de lapins relâchés dans un territoire qui n’avait jamais appris à leur résister. Puis vinrent les émeus, surgis d’ailleurs, les dromadaires importés pour dompter le désert, les chiens redevenus sauvages, les dingos pris entre mythe et nuisance et aujourd'hui, les chats.... À chaque fois, la même logique : une introduction, une prolifération, puis une ligne pour tenter d’effacer la faute.









La clôture s’est allongée comme un aveu qui refuse de se formuler. Elle ne répare pas l’erreur, elle l’encadre. Elle ne guérit pas le sol, elle le segmente. Elle devient l’archive métallique de décisions anciennes, reconduites génération après génération, jusqu’à ce que la frontière semble plus naturelle que le désordre qu’elle prétend contenir. Le fil ne protège pas tant la terre que la mémoire courte des hommes.

Mais que protège-t-on réellement ? Ces espèces, ou l’architecture d’un système bâti sur des introductions successives, des corrections tardives et des séparations définitives ? Le fil devient paradoxal : il prétend sauver ce que le même esprit a mis en péril, en dressant une barrière contre les conséquences de ses propres gestes.

La clôture distingue désormais deux mondes artificiels. D’un côté, une nature “préservée”, sous surveillance, sous condition, enfermée pour être sauvée. De l’autre, une nature jugée excessive, invasive, coupable d’exister trop bien. Le vivant se retrouve hiérarchisé, trié, autorisé ou rejeté selon des critères qui ne sont ni les siens ni ceux du temps long, mais ceux de l’urgence humaine et de sa peur de perdre le contrôle.

Alors la question demeure, sourde et persistante : cette protection est-elle un soin, ou une mise à distance ? Une tentative d’équilibre, ou une cicatrice mal refermée que l’on refuse de laisser disparaître ? La clôture australienne n’est peut-être pas là pour protéger les espèces, mais pour maintenir l’illusion qu’une ligne suffit à corriger le passé. Elle rassure parce qu’elle est visible, mesurable, cartographiable. Elle donne à l’erreur une forme stable, presque acceptable.

Et ainsi, fil après fil, l’homme ne protège pas tant le vivant que sa propre narration. Il se place d’un côté de la barrière, regarde l’autre comme un problème à contenir, et appelle cela protection. Pendant ce temps, le monde, indifférent aux justifications, continue de frôler le fil, de le tester, de le contourner, rappelant inlassablement que la vie ne connaît ni frontières définitives ni fautes prescrites, seulement des équilibres rompus que nul métal ne saura jamais complètement réparer


La clôture la plus longue du monde, presque deux mètres de haut,
Cinq mille six cent quatorze kilomètres… ou peut-être plus ?
Une ligne droite, infranchissable, entre l’intérieur et l’extérieur,
L’homme et le monde, face à face, séparés par les fils de métal.

En Australie, vingt-quatre lapins s’échappent,
Ils deviennent des millions, rongent les cultures, défient l’homme.
On dresse mille sept cents kilomètres de barrière,
viennent les emeus, les dingos, la nature se débat.

La clôture protège, mais elle interroge :
Chaque fil posé, chaque poteau planté, change le paysage,
Modifie la vie, crée des limites, des lignes invisibles pour ceux qui observent.

À l’intérieur, les ovins, tranquilles, protégés.
À l’extérieur, les prédateurs, libres, rusés, inquiets.
Le dingo court le long de la barrière, cherche la brèche,
Le lapin, l’émeu, le dromadaire… tous testent la limite.

L’homme doit voir, écouter, comprendre.
La barrière seule n’est rien,
Sans l’entretien, la vigilance, la réflexion et le savoir-faire.
Chaque réparation, chaque contrôle, chaque appât,
Est un dialogue avec la nature et les animaux.


Cinq mille six cent kilomètres… et pourtant, la question persiste :
Une clôture peut-elle vraiment tout arrêter ?
Peut-elle protéger sans l’œil et la main de l’homme ?
Sans le chien qui veille, sans le berger attentif,
Sans la réflexion sur le terrain, le climat, les habitudes des prédateurs ?

Les moutons sont là, immobiles ou paisibles,
Mais le monde sauvage observe, teste, attend.
Et nous, humains, gardiens et artisans de ces lignes,
Nous apprenons que la clôture n’est qu’un outil,
Un outil parmi d’autres,
Toujours fragile, toujours à compléter par le regard et la présence.

RoW 11/25