08 septembre 2026

SANS TAL

 Sans dire, 





Deux êtres se reconnaissent, se traversent, sans prévenir, sans avoir appris à se le dire. Ils regardent, ils habitent l'instant qui contient déjà tous les lendemains. 


 


Porter en soi la manière dont l'autre regardait le monde. Sans dire,

Le santal... J'ai longtemps cru qu'il dirait "sans toi". Avec les années, j'ai compris qu'il murmurait tout autre chose. Non pas sans toi... mais sens-toi. Sens la vie. Sens le vent. Sens la peau, la lumière, les arbres. 

"Tu croyais me chercher. C'est toi qui es devenu. Je sais. Et toi aussi tu le sais. Je sais que tu reviens. Sur les routes blanches qui descendaient vers la mer, vers les pierres chaudes du col où nous nous arrêtions pour écouter le vent. Tu crois chercher le passé, mais je te regarde sourire, parce que je sais que tu viens retrouver quelque chose de bien plus simple : cette façon que nous avions d'être au monde avant d'avoir peur de le perdre,,,

Sens-toi; Tu t'arrêtes. Tu fermes les yeux. Tu cherches autour de toi. Il n'y a personne. Tu souris,,, Je suis déjà arrivée,,, 



j'emprunte cette photo du château des Malvan à Vence


,,,

Viens encore un peu près de moi. Laisse-moi te regarder comme autrefois. Tu as changé. Moi aussi. Enfin... c'est ce que tu crois. Approche. Tu sens ? Le santal est toujours là. Il s'est mêlé aux résines des pins, au sel des embruns, aux pierres chauffées par le soleil, aux pages de tes carnets, au cuir de tes gants, à la pluie qui t'accompagne parfois lorsque tu marches seul.

ne cherche pas à me retrouver. Respire seulement. Je suis déjà arrivée,,,

,,,

Et lorsqu'un soir tu refermeras doucement ton carnet, laisse ta main ouverte quelques instants sur la page. Tu croiras sentir une caresse. Ne retire pas ta main,,,  Je n'ai jamais aimé les adieux. Je préfère les gestes qui demeurent. Tu m'as appelée VirguleJe crois que c'était le plus beau nom que l'on pouvait me donner,,,

,,,

Une virgule ne retient pas la phrase. Elle lui offre simplement un souffle de plus. Alors continue,,, Marche encore. Écoute encore. Aime encore. Souris seulement. Tu n'as jamais cessé de m'embrasser chaque fois que tu regardes le monde avec cette douceur-là.

Et moi...

je n'ai jamais cessé de t'aimer dans cette manière que tu as aujourd'hui de ralentir avant de cueillir une fleur, d'écrire une rivière jusqu'au bout de son chant, ou de laisser une page blanche attendre le mot juste.

Je suis là. Pas derrière toi. Pas devant toi. Dans ce souffle léger qui sépare deux phrases, et qui leur permet de continuer.

Virgule



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